Hélène Pauchet, sismologue à l’Institut de recherches en astrophysique et planétologie (IRAP)

Publié par Echosciences Occitanie, le 24 avril 2018   470

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Portrait réalisé dans le cadre du cycle des « cafés du quai » des Savoirs coordonnés par l’Université Fédérale, le CNRS Midi-Pyrénées et l’association Femmes & Sciences, groupe Toulouse qui propose un cycle dédié aux femmes en sciences. 

(Image en-tête : Conception & graphisme ©Julie SISTENICH // Textes / Photographies : ©Fleur Olagnier & CNRS Midi-Pyrénées)


Quand la terre tremble dans le Sud‑Ouest, Hélène Pauchet est une des premières à le savoir. Cette ingénieure de recherche surveille la tectonique des plaques en Occitanie, mais surtout, participe au renouvellement du Réseau sismologique et géodésique français, qui à terme comportera 32 stations dans le quart Sud-Ouest. « Certaines sont en cours de modernisation, d’autres n’existent pas encore. Mon rôle est de trouver un emplacement adéquat pour les nouvelles stations, loin des routes et des maisons pour éviter les bruits parasites, mais proches du réseau ADSL pour transmettre rapidement les données », explique Hélène Pauchet.

« Entre la prospection de sites et l’installation des capteurs sur place, je suis énormément sur le terrain. J’adore ça ! », s’exclame l’ingénieure. Et pour cause, élevée en Savoie, la sportive Hélène Pauchet a toujours aimé le grand air, le ski, les randonnées, et ne se voyait pas travaillant dans un bureau. 

C’est pourquoi, à la sortie de son école d’ingénieur en géophysique, elle effectue un stage chez Total, où des compétences comme les siennes sont très demandées. Mais là, c’est la désillusion. 

« On m’a très vite fait comprendre que les métiers de terrain, comme rechercher un gisement de pétrole, n’étaient pas accessibles aux femmes car incompatible avec une vie de famille. C’est vrai qu’il fallait souvent s’expatrier dans des pays peu sûrs. Heureusement, c’était il y a 15 ans, je pense que les mentalités ont évolué depuis », tempère l’ingénieure de recherche. Pourtant aujourd’hui, être une femme dans l’équipe de sismologues de l’IRAP est un avantage. « J’ai le sens du détail et beaucoup de patience quand je recherche un site. Et si je dois creuser un puits pour enterrer un capteur sismique, ce n’est pas un problème mais je ne refuse pas l’aide d’un employé municipal quand elle se présente ! », rit l’ingénieure. « Pour les gros chantiers et les travaux lourds, je ne suis jamais seule et même si je planifie et contrôle le chantier, j’aime bien mettre la main à la pâte. », souligne-t-elle. En 1998, la jeune savoyarde décide de rejoindre Toulouse pour faire une thèse sur la sismicité des Pyrénées. 

Puis, pendant trois ans, elle travaille pour une société qui traite des images satellitaires dans le cadre de la caractérisation des risques naturels. « À ce stade, je me suis sentie coupée de moi-même. À plus de 30 ans, toute ma vie, je n’avais fait que des sciences. C’était comme si j’avais laissé une part de moi de côté », confie l’ingénieure. 

Pour pallier ce parcours linéaire, Hélène Pauchet prend donc un virage à 180° en se formant au théâtre auprès de compagnies toulousaines pendant trois ans. Elle commence aussi le tai-chi. Puis, enrichie, ressourcée, elle revient ensuite doucement vers les sciences en travaillant pour l’association de médiation scientifique Les petits débrouillards. Quatre ans plus tard, Hélène Pauchet réalise alors qu’il est temps de revenir à ses premières amours. « J’ai appelé un chercheur de l’OMP qui m’a dit qu’un CDD était disponible en sismologie de terrain, ce dont j’avais toujours rêvé ! J’ai donc sauté sur l’occasion. Et aujourd’hui, je suis vraiment ravie de ce que je fais. Le théâtre, l’association, le tai-chi que je pratique régulièrement, toutes ces expériences m’ont permis de trouver un équilibre. Je sais maintenant qu’il est possible d’être scientifique tout en restant femme ».


L'Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) est une Unité Mixte de Recherche (UMR 5277) du CNRS et de l'Université de Toulouse III Paul Sabatier (membre de la COMUE Université Fédérale de Toulouse Midi Pyrénées). Ses équipes sont localisées sur les sites de l'UPS à Rangueil à proximité immédiate du CNES ainsi qu'à Tarbes.

Le cycle des « cafés du quai » des Savoirs coordonnés par l’Université Fédérale, le CNRS Midi-Pyrénées et l’association Femmes & Sciences, groupe Toulouse propose un cycle dédié aux femmes en sciences. Des témoignages de scientifiques, chercheuses ou ingénieures, permettent au public de comprendre le parcours, le métier et les recherches des intervenantes mais aussi d’échanger avec elles dans un climat convivial et décontracté.

Image :

Conception & graphisme ©Julie SISTENICH

Textes / Photographies :  

©Fleur Olagnier & CNRS Midi-Pyrénées

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