Rencontre avec les bénévoles de l’Association Spatiale Toulousaine de Recherche Étudiante

Publié par Echosciences Occitanie, le 10 décembre 2018   460

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La passion du spatial, on pourrait dire que c’est le leitmotiv de cette jeune association. L'été 2017, quelques étudiant.e.s de l’INSA Toulouse s'associent dans l'idée de concevoir un petit satellite CubeSat. L'ASTRE voit le jour, animée par le désir de permettre aux étudiant.e.s ingénieur.e.s de toucher de manière concrète aux nouvelles technologies de l’ingénierie spatiale. Nous rencontrons Nicolas Hoff, vice-président et Paula Marin, membre fondatrice. 


Une initiative 100% étudiante

C’est en grande partie pour s’initier à un domaine qui n’est pas le leur que ces étudiant.e.s de l’INSA ont créé l’ASTRE. En effet, bien que située dans la capitale de l'aéronautique et du spatial, la discipline reste la grande absente des orientations proposées par l’école d’ingénieurs.

À l’origine de cette idée, la volonté de concevoir un satellite CubeSat. La mission Tolosat est lancée en même temps que naît l’association. Une mission qui permet à ces passionnés de travailler de manière collaborative sur un projet concret, tout en acquérant des connaissances tangibles. 

 Beaucoup d’étudiants viennent nous rencontrer assez curieux, mais pensent ne pas pouvoir intégrer l’association, car ils n’ont pas de connaissances dans le domaine. Justement, développer leur intérêt pour des technologies spatiales par le biais de projets d’ingénieries est totalement l’ambition de l’association. Aucun membre de l’association ne savait construire un satellite à l’origine, nous apprenons tout sur le tas ! 

© ASTRE

La mission Tolosat : vers un projet professionnalisant

Créer un CubeSat ? Oui, mais encore ? Papier et stylo en main, le vice-président de l’association ne tarde pas à nous expliquer de quoi il en retourne.

Il s’agit en fait d’un modèle de satellite de la taille d’une boîte de chaussures qui s’est très vite démocratisé dans le monde du spatial. Nombre d’entre eux sont chaque année conçus puis envoyés en orbite au-dessus de nos têtes. Leur faible coût de production a largement permis cette massification.

Depuis peu, des CubeSat ont même été envoyés sur Mars à bord de la sonde InSight de la NASA. Des voyages interplanétaires sont donc à venir pour ces nanosatellites très prometteurs !

Wikimédia Commons

Après CubeSat, un autre jargon s'immisce dans notre conversation, celui de charge utile. On parle de la charge utile d'un satellite pour désigner la partie qui lui permet de remplir la mission pour laquelle il a été conçu, par opposition à la plate-forme, le module de service, qui fournit l'énergie à l'ensemble et permet de positionner le satellite. Pour Tolosat, l’idée est d’exploiter le GNSS-r (Global Navigation Satellite System reflectometry) afin de démontrer que la topographie GNSS-r peut être effectuée par un CubeSat. La charge utile aura pour vocation de faire de l’altimétrie, c’est-à-dire de relever le dénivelé de la Terre, un type de donnée qui se veut relativement simple à récolter pour garantir la réussite de la mission.  

A cela s'ajoute une autre charge utile qui compte faire une démonstration technologique consistant à établir un lien SSH (Secure shell - un programme informatique et un protocole de communication sécurisé) avec la constellation IRIDIUM pour envoyer et recevoir de données du satellite avec la Terre.

Si le projet aboutit, l’association pourra postuler au concours Fly your satellite ! de l’Agence Spatiale Européenne pour envoyer le nanosatellite en orbite. Le projet devra répondre à de nombreux critères et réussir plusieurs tests avant que le rêve ne se réalise.

Rencontres et collaborations naissantes

Bien que néophytes dans le domaine, les membres de l’ASTRE cherchent à apprendre par eux-mêmes. Ils collaborent pour ce faire avec des spécialistes toulousains comme ceux du CSUT(Centre Spatial Universitaire de Toulouse). Ces rencontres ont même permis à plusieurs membres de participer à des workshops internationaux. L'association est, par ailleurs, soutenue par la fondation INSA qui permet aux entreprises et aux individuels, d'œuvrer ensemble pour le développement de l'Institut.

 Au-delà de ces rencontres, les projets de l’association permettent de nouer un tissu d’étudiant.e.s de filières différentes puisque des  étudiant.e.s de l'ENSEEIHT et de l'Université Toulouse III Paul Sabatier ont intégré rapidement l'ASTRE. Un échange très fructueux pour la mise en place de la mission de Tolosat, puisqu'au moins de janvier 2018, le projet de CubeSat du Club CubeSat Supaero a fusionné avec le projet de l'ASTRE pour créer la mission. 

© ASTRE

Nouveaux projets à venir

Une dynamique s'installe au sein de l'association et laisse entrevoir la mise en place de nouveaux projets. Récemment, un professeur de Supaero a fait appel aux bénévoles pour mettre en place des stations sols (antennes de communication satellite). Un projet à échelle européenne qui souhaite combler le manque de stations dans le sud-ouest de l’Europe.

À cela, s’ajoute de nombreuses perspectives comme la création de ballons atmosphériques, des tests de vols zéro gravité pour réaliser des expériences scientifiques ou encore des actions de médiation scientifique dans des lycées.

Et puis, continuer à intégrer de nouveaux étudiants provenant d’autres écoles d’ingénieurs pour créer des synergies.

Nicolas et Paula nous confient finalement ne pas manquer d’imagination pour trouver des idées de projets, mais souhaitent avant tout structurer l’association pour consolider l'existant en permettant aux bénévoles de concilier études et actions bénévoles. Au vu de la passion qui les anime, on comprend que ce n’est qu’une question de temps avant de voir naître de nouvelles initiatives !

Plus d'infos : 

Image bannière : © ASTRE

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