L’intelligence artificielle pour décoder les pensées ?

Publié par Gabriel Chacon, le 14 décembre 2019   290

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L’intelligence artificielle a fourni des progrès prodigieux ces dernières années, prouvant que les machines peuvent développer des actions intelligentes complexes. Mais l’intelligence artificielle peut-elle remplacer la pensée humaine ? En février, Rufin VanRullen, directeur de recherche CNRS, donnera une conférence sur ce sujet à l’Université Toulouse III Paul Sabatier. 


L’être humain a toujours été attiré par la possibilité de créer une technologie capable de recréer des formes d’intelligence artificielle qui fonctionnent de la même manière que notre pensée. Et cet objectif ambitieux a déjà été atteint d’une certaine manière. Cependant, il y a encore plus de différences que de similitudes entre ce « esprit électronique » et l’intelligence humaine. 

La capacité de traitement et de rétention des êtres humains est limitée face à une machine et à sa capacité complexe de traitement de données de manière massive. À notre avantage, nous, les êtres humains, avons une pensée non linéaire qui se traduit principalement par la créativité. Pourtant, c’est un fait que les machines peuvent traiter de plus en plus rapidement, bien que linéairement.

Pour comprendre ce phénomène, voici quatre différences majeures entre l’intelligence artificielle et la pensée humaine.


1. Contexte imprévisible

Le cerveau humain est prêt à vivre dans un contexte chaotique. C’est pourquoi notre esprit est capable d’interpréter tous les stimuli, même s’ils sont présentés à l’improviste et totalement nouveaux. C’est une chose impossible à obtenir actuellement par l’IA, qui fonctionne avec des algorithmes prédéterminés.

2. Figures rhétoriques

Le traitement des données sur les machines n’est pas lié aux métaphores, ni à d’autres figures qui pourraient compliquer, confondre ou étendre un processus logique à l’infini. Dans l’intelligence artificielle, le remplacement de termes ou d’expressions se fait selon les principes du langage algorithmique ou mathématique. Un mot ou une expression signifiera toujours la même chose.

3. Relativisme linguistique

La pensée humaine est conditionnée par le langage, c’est-à-dire qu’une personne ne peut penser quelque chose qu’elle ne peut pas construire avec le langage et toutes ses conceptualisations seront déterminées par la langue mère. Au contraire, l’action d’une machine n’est déterminée que par la résolution de problèmes, c’est-à-dire qu’il s’agit d’algorithmes, pas d’abstractions.

4. Décision sans contexte social 

En d’autres termes, ils n’ont pas de morale. Les machines peuvent prendre des décisions basées sur des résultats concrets sans regarder ce qu’un interlocuteur peut penser ou ressentir, elles sont programmées pour un objectif, mais pas pour comprendre l’autre.


L’intelligence artificielle ne sont pas seulement des assistants vocaux, il s’agit de systèmes qui sont capables de comprendre, de traiter, de prendre des décisions et de créer à partir des données issues de leur environnement.

Il reste encore beaucoup à faire pour comprendre la portée de l’intelligence artificielle, mais le débat commence à s’intensifier. Y a-t-il un moment où la machine peut décoder la pensée humaine ?

Dans ce contexte, le directeur de recherche CNRS, Rufin VanRullen, a fait des recherches sur ce sujet et donnera une conférence le 6 février. Ce colloque s’inscrit dans le cadre du cycle des conférences scientifiques ‘Étonnantes Intelligences’, organisées par l’Université Toulouse III – Paul Sabatier, entre novembre 2019 et mai 2020. Pour voir le programme complet, visitez ce lien.

Rufin VanRullen
Rufin VanRullen