Un nouveau nom et de nombreuses pistes d'action : retour sur la 3e rencontre du Pôle Territorial de Référence

Publié par Echosciences Occitanie, le 29 mai 2018   440

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Vendredi 18 mai, les membres du Pôle Territorial de Référence (PTR) sont à nouveau réunis afin de faire le point sur ces derniers mois de travail collectif. Au programme : le prochain Forum Régional de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CSTI), les premiers résultats de l'enquête menée auprès des acteurs de la CSTI, les propositions des groupes de travail… ainsi que l'annonce du nouveau nom du PTR ! 

En ouverture de cette troisième réunion du PTR, Bertrand Monthubert, Conseiller régional délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, revient sur les résultats de l'appel à projets CSTI 2018, se réjouissant des nombreuses propositions reçues. Au total, 600 000 euros ont été alloués (dont la moitié est issue du FEDER) à 18 projets, dont 10 nouvelles initiatives. Par souci de transparence, tous les projets retenus ont été documentés sur Echosciences Occitanie.

Bertrand Monthubert évoque également le rapprochement avec les acteurs en charge du tourisme au sein du Conseil régional. L'objectif : développer le tourisme scientifique, technique et industriel, qui pourrait parfaitement s'inscrire dans le schéma régional de développement touristique. Celui-ci inclut en effet un volet sur le tourisme expérientiel dans lequel la CSTI peut trouver écho. Plusieurs actions seraient ainsi envisagées (mais il ne s'agit encore que de pistes) : un appel à projets sur ce thème ainsi que des circuits touristiques. "Nous pourrions tout à fait imaginer une "Route des étoiles" passant par les lieux dédiés à l'astronomie et à l’espace. Ou encore une "Route des origines" pour les lieux dédiés à la Préhistoire et à la paléontologie", s'enthousiasme Bertrand Monthubert.

Le nouveau nom du PTR enfin dévoilé

Fin 2017, un appel à idées avait été lancé afin de renommer l'inintelligible "Pôle Territorial de Référence". "And the winner is… le Pôle Science(s) en Occitanie ! Pardon pour ce petit suspense, mais permettez-moi de me faire ce petit plaisir" s'amuse Bertrand Monthubert. Ce nouveau nom, choisi pour sa clarté, désignera dorénavant l'instance de réflexion réunie aujourd'hui et ayant pour fonction de dynamiser la CSTI en Occitanie. On évoque également la possibilité de décliner ce nom en campagne de communication.

Les sciences participatives, sujet central du Forum régional de la CSTI 2018

Cette année, le Forum régional de la CSTI se déroulera le 14 juin à l'Hôtel de Région de Toulouse et portera sur le thème des sciences participatives. "Notre ambition est de faire de la Région Occitanie la première région de France en matière d'initiatives de sciences participatives" explique Johan Langot, secrétaire du Pôle. L'édition 2018 devrait donc favoriser l'émergence d'actions, en offrant aux acteurs de terrain des méthodes et outils. La matinée accueillera ainsi une table ronde proposant des retours d'expériences sur la mise en place de telles actions. Un document recensant des initiatives locales et nationales de sciences participatives sera par ailleurs distribué afin de faciliter la mise en contact.

L'après-midi sera cette année encore consacrée à la présentation d'initiatives, sous la forme de stands à visiter. Vingt propositions ont été reçues, onze d'ex-Midi-Pyrénées et neuf d'ex-Languedoc Roussillon, et sont maintenant soumises à sélection.

Parallèlement à ce Forum, une rencontre des acteurs de la lecture publique, organisée par le réseau Occitanie Livre & Lecture, se déroulera au même endroit. Elle portera sur les croisements entre la CSTI et les bibliothèques/médiathèques.

Le Forum s'intercalera par ailleurs entre le Forum Nims (Nouvelles initiatives en médiation scientifique) et la finale nationale de Ma Thèse en 180 secondes le 13 juin, et le Forum du CNRS “Que reste-t-il à découvrir ?” le 15 juin qui auront lieu au Théâtre National de Toulouse.

Premiers résultats de l’enquête menée auprès des acteurs de la CSTI

Début 2018, une grande enquête a été adressée à 994 structures d’Occitanie œuvrant pour la CSTI. L’objectif est d’obtenir une meilleure connaissance des acteurs et de pouvoir améliorer la mise en réseau.

Deux mois après son lancement, 167 réponses complètes ont été obtenues, réparties sur tout le territoire. Au vu du nombre de réponses, la clôture de l’enquête a été repoussée au 30 juin 2018 et une relance téléphonique sera faite par les différents relais.

Les premiers résultats – bien que sans doute encore peu représentatifs – révèlent ainsi que la majorité des répondants possèdent un lieu d’accueil du public et mesurent leur fréquentation. Les thèmes d’action prédominants sont les sciences du vivant et l’environnement. Si les animations et évènements restent majoritaires, les structures répondantes proposent également des actions artistiques et des sciences participatives parmi leurs actions. Par ailleurs, de nombreux répondants disent participer à la Fête de la science ainsi qu’aux Journées européennes du Patrimoine. Enfin, près de la moitié déclarent adhérer à des réseaux nationaux, dont les plus cités sont l’Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle (AMCSTI) et le Réseau d’éducation à l’environnement / Réseau école et nature (REN). 

Un rapport intermédiaire sera détaillé durant le Forum régional de la CSTI. Des membres du Pôle soulignent néanmoins la difficulté pour certains acteurs, tels que les laboratoires de recherche, à remplir le formulaire. Ce dernier sera donc remanié afin de pouvoir mieux s'adresser aux organismes de recherche. Par ailleurs, on souligne que beaucoup de structures, oeuvrant pourtant pour la CSTI, ne se sentent pas concernées. C'est le cas par exemple des sites patrimoniaux, châteaux, musées historiques… qui n'incluent pas les sciences humaines et sociales dans le terme "Culture scientifique et technique". Cela ramène à la difficulté de construire une "culture partagée" par tous les acteurs impliqués dans le partage de connaissances. L'idée d'une charte explicitant des éléments fédérateurs est évoquée pour que ces acteurs se “reconnaissent” entre eux. 

La discussion se prolonge sur l'importance de renforcer l'implication de tous les acteurs. En partageant des valeurs. Mais aussi des savoir-faire. "Comment peut-on éviter que des personnes qui mouillent la chemise se découragent ? Peut-on les aider ?" interroge Bertrand Monthubert. Les membres du Pôle évoquent leurs efforts réguliers pour accompagner de plus petites structures afin de les aider dans la structuration et la professionnalisation de leurs actions. Mais, à long terme, certaines s'essoufflent faute de moyens financiers, de compétences ou de partenaires. Ces structures doivent pouvoir facilement entrer dans des réseaux, pour profiter de nouveaux savoir-faire et d'outils déjà conçus.

Une idée est également lancée : créer un guide pratique pour monter un projet de CSTI en Occitanie. Ce guide pourrait permettre aux structures d’initier des projets au niveau local puis d’être insérées dans un véritable réseau. 

Mener des enquêtes ciblées, étudier les impacts d'actions, proposer des catalogues… Les propositions des groupes de travail

En mars 2018, six groupes de travail ont été constitués, ouverts à tous les acteurs, afin de proposer des séries de mesures visant à améliorer la diffusion de la CSTI. La mission de chaque groupe était à la fois de regrouper des exemples de bonnes pratiques, d'extraire des recommandations et d'imaginer des actions concrètes.

 Groupe 1 : Comment rapprocher éducation formelle et informelle ?

 Thomas Ricaud (Fermat Science), animateur du groupe, ouvre le bal en revenant sur les termes employés. Le groupe préférera utiliser le terme d'éducation "non formelle" à celui d'éducation "informelle" (qui évoque plutôt l'apprentissage au quotidien, dans sa vie personnelle).

 Voici l'ensemble des propositions du groupe :

 Suite à cette présentation, plusieurs suggestions sont faites telles que la création d'un catalogue à destination des établissements scolaires, réunissant toutes les activités scolaires proposées par les acteurs de la CSTI, et diffusé sur le site académique.

Des initiatives en cours sont également évoquées : à l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, une plateforme en ligne a été créée pour mettre en relation des enseignants souhaitant accueillir un scientifique et des doctorants. Un séminaire de recherche est organisé à l'Université de Montpellier sur le thème de la rencontre entre éducations formelle et informelle. Une réflexion est menée sur les attentes de l’enseignant et du médiateur et sur la culture à mettre en commun.

Toujours à l'Université de Montpellier, une étude est actuellement en cours afin d'évaluer l'impact d'une action de médiation scientifique sur des élèves. Certains soulignent la nécessité de noter les élèves sur ce type d'action, seul véritable moyen pour les impliquer et les gratifier.

Enfin, Bertrand Monthubert annonce un futur appel à projets national sur l'ESPE du futur (écoles formant les futurs enseignants), dans lequel la médiation scientifique et technique pourrait s'insérer. 

Groupe 2 : Comment inciter les jeunes chercheur.e.s à s'impliquer dans la CSTI et renouveler l'image des chercheur.e.s ?

Hélène Pierre (Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées) présente le fruit des réflexions du groupe. Ces dernières visent à impliquer plus de jeunes chercheur.e.s et à leur donner plus de visibilité :

La médiation scientifique par un doctorant devrait être un argument d’insertion professionnelle précisent certains. Les chercheurs ont par ailleurs un devoir citoyen de partager leurs savoirs avec le public.

On rappelle l'importance de communiquer auprès des Directeurs de laboratoires, car il apparaît que beaucoup de propositions relèvent de la politique des universités.

Une réflexion doit être menée pour la mise en place de nouveaux formats tels que “Pint of science” et envisager également la proposition d’un prix de la médiation.

Groupe 3 : Comment initier une dynamique autour du tourisme scientifique, technique et industriel régional ?

C'est au tour de John Bandelier (Kimiyo) de rapporter le travail de son groupe. Il précise tout d'abord la définition de "Tourisme" retenue au sein du groupe : lorsque l'on passe une nuit en dehors de son domicile.

Les membres du Pôle ajoutent l'importance de s'appuyer sur le patrimoine local, ainsi que sur de grands évènements tels que le congrès Esof, ce dernier pouvant être une véritable vitrine d’Occitanie.

Groupe 4 : Comment s'emparer des médias/nouveaux médias pour lutter contre les fake news et contre-vérités ?

Muriel Guedj (Université de Montpellier) et Gwenaël Kaminski (Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées) présentent les propositions de leur groupe, qui s'articulent autour de trois types d'action : des ateliers, des études scientifiques et la création d'une boîte à outils.

La création d'un Label régional certifiant les contenus diffusés par les acteurs locaux est alors proposée. Une formation pourrait également être proposée d'ici la fin d'année aux médiateurs scientifiques et aux enseignants afin de mener des actions contre les fake news.

Groupe 5 : Comment faire en sorte que la CSTI couvre tout le territoire, et plus particulièrement les zones rurales et quartiers prioritaires ?

L'animatrice du groupe Annabel Foucault (Carrefour des Sciences et des Arts) revient tout d'abord sur les définitions de "zone rurale" et "quartier prioritaire". Le premier correspond à une zone de moins de 2000 habitants tandis que le second désigne un quartier dont le revenu moyen par habitant est faible. Le groupe s'est alors penché sur les territoires qu'ils ont qualifiés de zones "à CSTI faible", réalisant une première cartographie. Ces zones bénéficient néanmoins très souvent de la présence "d'amateurs éclairés" investis dans le partage de connaissances.

Il est alors rappelé l’importance de la collaboration et des partenariats avec des structures qui ont une bonne visibilité.

Groupe 6 : Où trouver de nouvelles sources de financement ?

Ce n'est pas un hasard si ce thème arrive pour clôturer la séance. Car il est évidemment au centre de toutes les attentions. Bruno Monflier (A Ciel Ouvert), en charge d'animer ce groupe de travail, détaille les propositions autour de quatre grandes thématiques : l'accès aux financements publics, les financements privés, le paiement des prestations et le financement participatif.

Au coeur de la discussion qui suit : la question du sponsoring et du mécénat. Plusieurs conseils sont donnés : trouver des axes gagnant-gagnant pour les entreprises, privilégier la demande de matériel ou de compétences à celle de financements, sensibiliser les entreprises à la CSTI lors de congrès, imaginer des "Ambassadeurs" de la médiation scientifique pour démarcher auprès des entreprises privées ou encore centrer l'approche sur un axe stratégique (lutter contre les fake news par exemple).

La question à se poser : souhaitons-nous que la CSTI soit faite dans un cadre plus commercial ? Dans ce cas il faudra envisager une professionnalisation des structures qui souhaitent passer par ce mode de financement.

Conclusion

De nombreuses pistes de travail se dessinent ainsi, suite à cette riche journée qui touche à sa fin. Le Consortium d'animation territoriale se chargera maintenant de réfléchir à la mise en application de ces propositions, ainsi que de la suite à donner à ces groupes de travail. D'ici là, tous les acteurs de la CSTI sont invités à se réunir le 14 juin à l'Hôtel de Région à Toulouse pour le Forum régional de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle.