Vulgariser avec Ma Thèse en 180 secondes : le point de vue de trois doctorantes finalistes régionales

Publié par Inrae Occitanie-Montpellier, le 5 avril 2023   640

Vendredi 17 mars dernier, 20 doctorants étaient sur les planches de la finale régionale Occitanie Est du concours « Ma thèse en 180 secondes ». Cette année, direction Nîmes pour présenter son sujet de thèse vulgarisé pour le grand public. Parmi eux, Noémie Claveyroles, Lucie Perat et Ségolène Delaitre, toutes trois doctorantes de l’école doctorale GAIA à Montpellier.

Quand Noémie, Lucie et Ségolène expliquent pourquoi elles ont participé au concours et ce qu’elles en retirent, on comprend que l’attirance pour la vulgarisation scientifique est une histoire ancienne. Leurs témoignages révèlent qu’à l’origine, elles étaient loin d’être des extraverties et que, surmonter sa peur, son stress a été au cœur du défi… Une participation utile quand on doit soutenir une thèse et enseigner non ? Et ça tombe bien, la finale est toujours précédée d’une formation sur mesure.

Pourquoi t’es-tu lancée dans l’aventure MT180 ?

Noémie (DGIMI, UMR INRAE) : « J'étais en licence quand j’ai découvert MT180, et je me suis dit "oh, ça a l'air super, quand je serais en thèse je veux participer !". J'ai toujours été très timide quand j'étais plus jeune, m'exprimer en public était un réel combat et une source d'angoisse constante. Mais plus je me trouvais confrontée à ce type de situation, plus je parvenais à surpasser ma peur, jusqu'à aimer ça. J'ai alors découvert une passion pour la vulgarisation scientifique, au point de décider de créer un compte de vidéos de vulgarisation sur la microbiologie sur les réseaux. Avec un objectif : réussir à expliquer des choses complexes de façon simple, et à n'importe qui. J'ai décidé de m'inscrire à MT180 pour apprendre à avoir de l'éloquence, travailler ma capacité à vulgariser, et me pousser à parler devant un grand public.»

Lucie (LBE, UMR INRAE) : « J'ai toujours été attirée par la vulgarisation scientifique, j'ai grandi avec les fameuses émissions "La Vie" et "C'est pas sorcier" que l'on enregistrait en cassettes avec mes frères et ma sœur... Puis au lycée j'ai découvert la chaine Youtube MT180. Je passais plusieurs heures à regarder les prestations des candidats. A ce moment-là, je ne savais pas encore si je voulais faire une thèse, mais je savais que, si j'avais l'occasion d'en faire une j'essaierais de participer à MT180. Se lancer dans l'aventure c'était aussi un gros challenge personnel : je n'ai jamais été à l'aise à l'oral, la moindre présentation orale était source de stress. Je voulais arriver à surmonter cette peur une bonne fois pour toute. »

Ségolène (CEFE, USC INRAE) : « MT180, c'est un concours que j'aime suivre depuis le début de ma thèse, et même avant. Je suis toujours impressionnée par les candidats qui arrivent à expliquer leur sujet, qui semble si compliqué à la base, en des termes très simples et avec humour. C'est aussi un moyen de sortir de son cadre de thèse habituelle, ça donne une bouffée d'oxygène et permet de relever un peu la tête du guidon lorsque l'on est obnubilé par ses manips, ou ses rédactions d'articles, ou ses analyses... Un défi personnel aussi, j'avais envie de voir ce que ça fait de parler avec un micro devant beaucoup de monde. Je donne des cours à la fac, mais le contexte, la situation n’ont rien à voir. Je voulais voir comment je pourrais gérer mon stress dans cette situation ».

Qu’est-ce que ça t’as apporté ?

Noémie : « J'ai appris à mieux m'exprimer, lors de présentations orales et même dans la vie de tous les jours. Ça m'a également apporté de très belles amitiés. Avec l'ensemble des autres participants on formait un groupe plein de cohésion, de bienveillance et de rigolade. »

Lucie : « J’en ai retiré beaucoup de choses ! Gérer le stress, mais aussi de la respiration, la prise de parole en public (intonation, accentuation, articulation), structurer et organiser son discours, arriver à garder un fil rouge et une cohérence le long de la présentation. Je suis persuadée que cela me servira pour la suite de ma thèse (en conférence et même pour ma soutenance), puis dans le milieu professionnel. J'ai également pu rencontrer 19 autres doctorants, de milieux très différents, mais tous aussi passionnés les uns que les autres. On était vraiment un groupe soudé, pas du tout dans l'esprit de compétition. »

Ségolène : « J’ai appris à bien vulgariser mon sujet, de façon concise tout en restant scientifiquement correct. Au-delà de la thèse ou de la vulgarisation de mon sujet, j’ai appris à gérer ce stress intense, tout en prenant énormément de plaisir à faire cette sorte de petit sketch. Les conseils que nous ont donné les coaches nous resserviront en conférence ou d’autres présentations. Être à l'aise à l'oral est vraiment une partie importante du métier de chercheur et ce concours aide vraiment à travailler là-dessus. »

Une nouvelle action de médiation scientifique en vue ?

Ségolène, en 3e année de thèse va maintenant se consacrer à la rédaction et Lucie s’interroge sur une éventuelle participation à la Fête de la Science cet automne. Quant à Noémie, alias Nono dans son labo sur TikTok et Instagram, elle poursuit ses vidéos de vulgarisation scientifique : « Partager la connaissance à tous est primordial. Le grand public devrait être bien plus au courant des avancées de la recherche scientifique. Pour la culture, la compréhension, mais aussi lutter contre la désinformation et la méfiance envers la science. Pour moi qui souhaite devenir enseignant chercheur, c'est un bon entraînement. Cela me permet également de prendre du recul sur mes recherches, de m'entrainer à simplifier, reformuler, imager. Et enfin, je m'amuse à faire des vidéos rigolotes et partager mon quotidien en doctorat. »

Les Replay

> Toutes les vidéos de la finale régionale Occitanie-Est 2023 sur la chaîne youtube @CampusMagLR


> Au programme INRAE, biohydrogène et lutte biologique :

  - Noémie Claveyroles, doctorante de l’Université de Montpellier / DGIMI : « Rôle des cyclopeptides antimicrobiens (PAX) chez la bactérie entomopathogène Xenorhabdus »
  - Lucie Perat, doctorante de l’Institut Agro Montpellier / LBE : « Caractérisation et stratégies de mise en mélange (recettage) d'intrants pour l'optimisation de la production de biohydrogène par fermentation à partir de déchets organiques
  - Ségolène Delaitre, doctorante de l’Université de Montpellier / CEFE : « Indices environnementaux et sociaux utilisés par les mésanges pour décider de leur période et leur investissement dans la reproduction

> Les lauréat.e.s de l'édition 2023 :

  - Flo Sordes, doctorante de l’Université de Nîmes à l’UPR CHROME, premier prix du jury. « Du devenir des sédiments dragués riches en chlorure : une gestion innovante par phytoremédiation ».
  - Julie Bas, doctorante de l’Université de Montpellier, au laboratoire IGF, deuxième prix du jury. «Rôle des cellules tuft dans le cancer gastrique induit par Helicobacter et nouvelles pistes thérapeutiques. »
  - Julie Cailler, doctorante de l’Université de Montpellier au Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier,troisième prix du jury:« L’utilisation de la concurrence pour les tableaux analytiques en logique du premier ordre. »
  - Pauline Bron, doctorante de l’Université de Montpellier au laboratoire ICGM, prix du public. « Conception de vitrimères de polyhydroxyurethane sans isocyanate pour des applications de recyclage »

En savoir plus : le site du Collège doctoral