Safe Water Summit : L'événement toulousain pour répondre aux enjeux de demain !

Publié par Alison Requier, le 5 décembre 2019   190

Xl sws

Le 18 novembre 2019 avait lieu le Safe Water Summit à Toulouse. Cet événement, rythmé par des intervenants de qualité, avait pour objectif d'offrir une réflexion citoyenne sur la problématique de l'eau. Peut-on avoir confiance dans l'eau du robinet ? Quels sont les enjeux de demain et comment y répondre ? Quid des pesticides ? Autant de questions abordées auprès d'intervenants, prêts à apporter un début de réponse en nous transmettant leurs expertises.


La problématique de l'eau

Sensible aux problématiques environnementales et engagée au quotidien, il était impensable pour moi de faire l'impasse sur cet événement. On a tendance à l'oublier, mais l'eau constitue l'ossature de notre planète : elle permet d'abriter un écosystème riche, elle crée la vie ; et nous la consommons. De plus, avec le réchauffement climatique, celle-ci se réchauffe et de multiples conséquences prennent alors naissance.
Aujourd'hui, l'eau est un enjeu majeur puisqu'elle comporte en son sein de nombreuses problématiques : la question de la potabilité et de la répartition de la ressource en eau, la pollution de l'eau, les perturbateurs endocriniens, les micropolluants et j'en passe. Vous l'avez donc compris : Il s'agissait d'un événement à ne pas rater pour qui veut comprendre, mais aussi répondre à ce défi de demain.


Le Safe Water Summit, l'événement avec un défi : Répondre aux enjeux de demain.

Je me suis donc rendue à cet événement, pour lequel j'étais surprise de retrouver une salle comble. Plus de 700 participants ! C'est déjà un bon point de gagné : Les personnes sont sensibilisées. Toutefois, le ratio n'était pas réellement équilibré puisque peu de jeunes étaient présents dans la salle. Petit pincement au coeur donc, de réaliser que cette génération qui milite pourtant pour le climat ne semble pas encore avoir compris que l'eau devrait faire intégralement partie de leur combat. 

Organisé par l'Agence de l'Eau Adour-Garonne, cet événement était rythmé par des interventions qualitatives. Les têtes d'affiches : Isabelle Autissier, présidente de WWF France et Jean-Louis Etienne explorateur et médecin. Dans la salle, on pouvait également retrouver Martin Malvy, président du Comité de Bassin, des professeurs, le CNRS, la FNSEA, Andros, la FNE, Suez France etc. Et c'est, par ailleurs, là que fut ma plus grosse surprise : Malgré la diversité des intervenants, tous les échanges se sont passés dans la bienveillance et le respect des positions de chacun. Ce climat était donc propice à la discussion et je pense que c'est la qualité des échanges qui a primé tout le long de la journée.


La confiance des citoyens dans l'eau du robinet

Sur cette question, plusieurs intervenants se sont succédés. Globalement, il en ressort une chose : Ayez confiance en l'eau du robinet ! Celle-ci est tellement analysée et traitée, qu'il n'y a pas de problème à se faire. Il s'agit du produit alimentaire le plus contrôlé en France. La véritable problématique est finalement ce que l'on pourrait qualifier de face cachée de l'iceberg : Effectivement, l'eau est traitée. Mais à quel prix ? Plus on pollue, plus le prix pour dépolluer est conséquent. Alors, ce jour-là, il était question de sensibilisation sur le sujet. Mais, si les choses ne changent pas, les citoyens n'auront d'autres choix que de payer plus cher leur eau, alors peut-être que ça en fera réfléchir certains...

S'il-vous-plaît cessez d'acheter de l'eau minérale. C'est le second argument qui ressort sur cette thématique. En plus de générer de la pollution plastique, vous continuez d'alimenter cette psychose autour de la mauvaise qualité de l'eau du robinet. De plus, il ne faut pas oublier que l'eau n'est pas une ressource inépuisable mais nous y reviendrons plus tard.

Si votre santé est normale, buvez de l'eau du robinet. (Jean-Louis Etienne)

En effet, certaines eaux minérales ont des vertues particulières mais celles-ci ne doivent pas constituer un mode de consommation usuel.


La question des micropolluants et des perturbateurs endocriniens

Un micropolluant est une substance polluante présente dans des concentrations très faibles dans l'eau, dans l'air ou le sol, et qui peut avoir une action toxique ou écotoxique pour tout ou partie des organismes ou l'écosystème. (Wikipédia)
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l'organisme d'un individu ou sur ses descendants. (Wikipédia)

Saviez-vous qu'en moyenne un ménage utilise une douzaine de produits d'entretien à la maison ? Je l'ignorais. Le problème vous me demandez ? Bien souvent ces produits vont se retrouver par la suite dans nos océans. Il en est de même pour les médicaments, combien de citoyens peuvent aujourd'hui dire qu'ils limitent leurs consommations d'antibiotiques ? Qu'ils ramènent leurs médicaments en pharmacie ? Tous ces produits vont se retrouver dans notre eau et venir la polluer. Le problème n'est alors pas seulement à l'échelle humaine, cela impacte également la biodiversité avec, par exemple, une perturbation de la reproduction chez les poissons.


La problématique des pesticides :

Les pesticides, par définition, protègent les cultures et les récoltes contre les différents parasites. Mais à quel prix ? S'agissant de produits chimiques, il y a des répercussions sur notre environnement. Parmi eux : atteintes à l'écosystème avec des pollutions et des empoisonnements de la biodiversité et atteintes à la santé humaine.

Aujourd'hui, nous en sommes tous conscients : Les pesticides n'ont pas que du bon.


Carole Delga, présidente de la région d'Occitanie, a ainsi pris la parole en demandant à ce que la communication à ce sujet ne soit pas alarmiste. Pour faire changer les habitudes, accompagner les agriculteurs, cela requiert une communication stricte, mais pas alarmiste.

Isabelle Autissier appelle à un refaçonnement du modèle agricole. Elle souhaite un accompagnement plus poussé. Elle met également en lumière le fait que le port de protections vestimentaires chez les agriculteurs doivent nous alarmer : Ils vivent dangereusement, il ne faut pas passer cela sous silence. Elle ajoute également qu'aujourd'hui, les pesticides doivent demeurer une question majeure : Il y a 80% d'insectes en moins en Europe.


L'engagement écoresponsable des entreprises

Nous le savons, l'eau n'est pas qu'une question individuelle. Je m'explique : Chacun peut faire un effort à son échelle, mais si les grands groupes ne suivent pas, l'impact n'aura pas l'effet escompté.

C'est ainsi qu'à l'occasion de ces tables rondes, Pierre Fabre a pris la parole pour exposer son engagement. Ils nous expliquent alors, qu'ils tentent tant que faire se peut, de réduire l'impact de leurs produits en sortie d'usine. Ils suivent également une ligne de conduite : Ils limitent leur propre consommation d'eau et la recycle, tiennent un cahier des charges sur l'impact de leurs produits (éco-toxicité et biodégradabilité). Ils émettent également une vigilance toute particulière pour leurs produits solaires. En effet, saviez-vous que les produits solaires étaient extremement polluants ? Finalement, quand on y réfléchit à deux fois ce n'est pas si étonnant puisque ce produit est conçu pour être en contact direct avec l'eau. C'est dans cet objectif, qu'ils ont une équipe dédiée à Banyuls.

Dans la même optique, Andros nous apprend que leurs compotes sous format de gourdes en plastique, devraient être remplacées d'ici l'année prochaine. Toutefois, la mise en marché devrait être plus longue.


La conclusion du Safe Water Summit

Pour cette conclusion, on retiendra majoritairement trois interventions : Celles d'Isabelle Autissier, de Jean-Louis Etienne et de Martin Malvy.

La nature a un temps de réponse rapide, c'est ce que nous dit Isabelle Autissier. Cela implique que si nous changeons nos habitudes durablement, nous aurons des retours positifs. Il n'est donc pas encore trop tard pour agir, alors n'attendons pas cette fatalité !

Martin Malvy se réjouit de la tournure de l'événement : Interventions et intervenants qualitatifs, des échanges constructifs. Il ajoute : "Personne n'a remis en cause le réchauffement climatique." Cette phrase me fait sourire, il est vrai que c'est une véritable victoire. Il souhaite que l'événement se reproduise.

Enfin, Jean-Louis Etienne nous parle d'apprentissage du regard : Nous sommes la nature. Il conclut par cette formidable expression, que j'affectionne désormais beaucoup : "Rien n'est minuscule pour qui sait regarder". Cette phrase fait vraiment écho à mes propres revendications et valeurs, et j'aimerais qu'elle devienne le leitmotiv d'une majorité.

Cet événement nous a apporté beaucoup d'informations, aujourd'hui je sais que tout le monde peut agir à son échelle, je sais que nous devons tous nous unir pour faire face aux enjeux de demain. L'eau, je le disais, n'est pas une ressource inépuisable. Avec le réchauffement climatique, on court tout droit vers une nécéssité de l'économiser. En effet, l'eau représente peut-être sur Terre 1400 millions de milliards de mètres cubes mais seuls 2,5% sont de l'eau douce et donc propre à la consommation.

Et, pour conclure, je reprendrai la phrase de Martin Malvy : "Aujourd'hui, j'ai compris qu'on avait compris. Maintenant, nous avons le devoir individuel et collectif d'agir".

Pour les intéressés, la diffusion intégrale de l'événement est disponible ici.