“Le plaisir de partager” avec Zoé Colombet, bénévole pour Pint of Science et cofondatrice de PhD Pub Montpellier

Publié par Echosciences Occitanie, le 20 septembre 2019   600

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Article rédigé  dans le cadre de la série « Portraits de bénévoles » 


En plein doctorat, Zoé ressent plus que jamais le besoin de partager et d’échanger avec d’autres chercheurs. C’est dans ce but qu’elle a monté, avec Noémie Letellier (doctorante à l'Inserm - à droite sur la photo), PhD Pub Montpellier, qui lui permet d’allier deux passions : la science et les rencontres. Et pour s’adresser à un public un peu plus novice, Zoé a décidé de s’investir dans Pint Of Science. Evidemment, les lieux de rencontres restent les mêmes : les bars !

PhD Pub, ou quand les doctorants investissent les bars

Zoé Colombet réalise actuellement une thèse à Montpellier SupAgro. Elle fait partie d’un projet qui étudie les comportements alimentaires dans les Antilles françaises. Après vérification, elle nous donne l’intitulé exact de son sujet : “Comportements alimentaires des enfants et des adultes résidant dans les Antilles françaises : déterminants sociaux et évolution”. Comme tout doctorant, elle s’investit beaucoup dans son travail de recherche et fait face à des questionnement et obstacles.

Pour en discuter avec ses pairs, mais également avec du public plus novice, elle a lancé PhD Pub à Montpellier, avec son amie Noémie Letellier. Le principe est simple : une fois par mois, quatre doctorants présentent leurs travaux de recherches dans un bar. Il s’ensuit des échanges autour de la vie de chercheur et de divers sujets, bien évidemment dans une ambiance chaleureuse. Pour Zoé, il est primordial que les différentes équipes de chercheurs se rencontrent et sortent de leurs cadres habituels pour aller vers le grand public :

Comme je suis aussi dans le milieu de la recherche je voulais voir de la recherche autre que celle que je fais. Voir des doctorants se rencontrer et voir qu’on a tous les mêmes galères et quand on se retrouve et qu’on discute de tout ça, j’adore.

L'importance de se former à la médiation

Lorsque qu’on lui demande comment les participants se sont-ils formés à la médiation, elle nous répond : “On n’est pas formés. Du moins, pas vraiment”. Cet apprentissage se fait donc sur le tas pour la plupart des chercheurs. Quelques heures de formations sur cette thématique sont proposées aux doctorants mais tout le monde ne le fait pas. La communication fait partie intégrante du travail de chercheur. Lorsque l’on participe à des congrès, il faut être capable d’adapter son discours à la cible (entrepreneurs, industriels, universitaires…) : 

Je suis allée dans un congrès d’économistes et, forcément, je me suis adaptée à la façon de présenter des données à quelqu’un qui n’est pas de mon domaine. Après je reste une scientifique dans un congrès de scientifique.

Les encadrants se chargent de guider les doctorants dans cette démarche de médiation, mais il reste encore de grandes lacunes. Et pour Zoé, cela pose problème : 

On a beaucoup de scientifiques qui sont de mauvais médiateurs.

Il suffit d’échanger quelques mots avec Zoé sur l’importance de la vulgarisation scientifique pour se rendre compte que c’est un sujet qui l’anime et la passionne. Voici notamment son état des lieux de l’accès aux informations scientifiques en France :

Le grand public est aussi concerné par l’avancée scientifique. Nous, ça nous paraît naturel et évident, mais on se rend compte qu’il y a un énorme trou entre ce que l’on va publier, les recherches que l’on fait, et le moment où ça arrive jusqu’au grand public. Les médias vont déformer tout cela. Du coup, je trouve ça important que ce soit des scientifiques qui puissent aller expliquer eux-mêmes ce qu’ils font et l’intérêt de leur recherche. Et qu’ils puissent aussi avoir le retour d’un public néophyte sur un sujet. Cela donne un regard un peu plus terre à terre. Ça permet de prendre du recul, de se demander pourquoi on fait ça et à quoi ça sert.
Et c’est important que tout le monde ait accès à la science. Dans les médias, les sciences sont carrément mal représentées. Le prix d’un abonnement pour les magazines sont aberrants et toujours sur les mêmes thématiques. C’est dommage. Il y a peu de personnes en France qui sont au courant de ce qu’il se passe vraiment. Avec internet, on a accès à tout et à rien parce qu’on peut pas vraiment faire le tri.
Ce sont les chercheurs qui interviennent directement dans nos rencontres. Donc quand on apporte un savoir (même s'il est contesté/contestable), au moins on apporte un vrai savoir avec une vraie recherche. Et ce n’est pas accessible dans la vie de tous les jours. Tous les articles scientifiques sont fermés et payants. Si tu veux te renseigner sur le cancer de la prostate en tant que néophyte, il faudrait deux ans. Alors que si t’as un chercheur qui vient dans une soirée, en quinze minutes, il te fait un état des lieux. Organiser des soirées de vulgarisation scientifique, c'est pouvoir rendre la science accessible à tout le monde. Et moi, j’adore cette idée.

La science pour tous avec Pint Of Science

Zoé s’est aussi tournée vers Pint Of Science pour toucher un plus grand public. Le principe reste le même : réunir des passionnés de la science dans un bar pour en discuter ensemble. Mais à POS (comprenez Pint Of Science), les intervenants ne sont pas seulement des doctorants encore en formation : on trouve aussi des experts dans leurs domaines. Le rôle de Zoé dans ce grand festival scientifique est d'organiser les soirées sur la thématique “notre corps”. Elle doit trouver des sujets et ensuite des intervenants, ou alors l’inverse. Il faut donc qu’elle approche les chercheurs, qu’elle leur explique la démarche et le concept, et surtout qu'elle les convainque de venir. Ensuite seulement, elle peut construire le déroulé des soirées.

Et ce que POS apporte principalement à Zoé c’est “du travail…”. Pas étonnant venant de la part d’une doctorante à qui on demande déjà d’investir une immense partie de son temps dans la recherche. Cette expérience lui permet toutefois de se préparer à son avenir :

 Au final, c’est un peu ce que je ferai lorsque je devrai organiser des congrès. C’est ça aussi, appeler des gens et leur dire « écoute j’aimerais te voir intervenir sur tel et tel sujet ». C’est toujours hyper enrichissant.

Grâce à POS, Zoé peut aussi enrichir son réseau et découvrir de nombreux sujets de recherche auxquels elle n’aurait jamais eu accès autrement à Montpellier.

Son besoin de partager et d’aider

On pourrait croire que l’intérêt de Zoé se concentre principalement sur des thématiques liées à la science et qu’elle y consacre toute son énergie. Ce serait faire une grave erreur ! Depuis de nombreuses années, elle s’est engagée en tant que bénévole dans plusieurs causes.

L’associatif, j’adore ! Donner son temps pour les autres, c’est super.

D'abord en Afrique à Dakar pour aider les enfants, elle a donné des cours à des enfants défavorisés et en difficulté scolaire en France. C’est par le biais de l’association Entraide Scolaire Amicale qu’elle a pu construire des liens forts et accompagner comme tutrice plusieurs élèves ; dont l'une d’elles au collège et l’autre au lycée qu’elle a suivies jusqu’au bac.

Actuellement, elle est aussi bénévole au Mouvement du Nid, une association qui vient en aide à des personnes en situation de prostitution. Elle y donne des cours de FLE (Français Langue Étrangère) pour apprendre le français. Définitivement, Zoé aime beaucoup apporter du soutien, apporter quelque chose à l’autre.

Si l’on devait résumer les nombreux engagements de Zoé en trois mots, voilà ceux qu’il faudrait choisir :

  • Partage : de connaissances, de relations, de moments,
  • Don : de sa personne, de son temps,
  • et Aide : à ceux qui en ont le plus besoin.

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