La Compagnie Galilée 3.0 est de retour ! Vous n'en n'aurez jamais trop, ni tropis !

Publié par Galilée 3.0, le 25 juin 2019   190

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Qui sommes nous ? 

Séance d'italiennes en plein air. © Michèle Sanguillon


La compagnie Galilée 3.0 est une association développant des projets théâtraux  dans le cadre des activités de Genopolys, pôle d’échange créé début 2014 par le CNRS, l’INSERM et les Universités Montpellier 1 et 2. Il a pour but de contribuer à la culture scientifique du citoyen en facilitant le dialogue entre Science et Société.

Pour répondre à ses missions, Genopolys invite les personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à s’impliquer dans une initiative Art et Science. C’est ainsi que naît « Galilée 2.0 », une adaptation de la pièce La vie de Galilée de Bertolt Brecht. Le succès de cette initiative (9 dates, clôturées par une représentation au congrès international Sciences et Avenir à Nancy, en 2015) convint les membres du projet de se structurer en association : Galilée 3.0 voit officiellement le jour en Janvier 2016.

De 2016 à 2018, l’association monte Par le petit bout de la lunette, pièce de vulgarisation scientifique, écrite spécialement pour la troupe par Jean Chris, auteur et comédien professionnel. Cette création racontant de façon drôle et décalée quelques unes des plus grandes découvertes scientifiques, de la préhistoire au 20e siècle. À l’automne 2018, la troupe se lance dans une nouvelle aventure en décidant d’adapter Zoo ou l’assassin philanthrope de Vercors.

Représentation de la pièce Par le petit bout de la lunette à Genopolys, 2018.


Nos objectifs : Galilée 3.0 propose des projets de types Art et Science. Ils ont pour but de susciter auprès du grand public une réflexion autour de la recherche, que le medium théâtral, ludique, permet d’aborder sous de multiples angles, les principaux étant :

L’histoire des sciences et des grandes découvertes : les spectacles proposés apportent au public des informations concrètes et lui permettent de découvrir des personnages et des innovations scientifiques, en les situant dans le temps et dans l’espace. En cela, l’association Galilée 3.0 assume un rôle de vulgarisation ;

Les problématiques, difficultés et questionnements rencontrés par les chercheurs dans leur quête de savoir, qu’ils soient d’ordre éthique, sociétal, financier... De ce point de vue, Galilée 3.0 joue un rôle de sensibilisation et de générateur d’échanges et de débats autour de ces thématiques plus abstraites.

L’association tire notamment sa légitimité du fait qu’elle compte, parmi ses membres, un fort contingent de personnels et étudiants issus du milieu de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), de l’Éducation Nationale (EN) et de la médiation scientifique et culturelle. Il s’agit donc d’une démarche initiée par les communautés ESR et EN elles- mêmes, pour s’ouvrir au grand public au sujet de leurs propres histoires et enjeux. Les représentations sont suivies de discussions informelles sur le fonctionnement de la recherche et la transmission des savoirs, entre les comédiens et les spectateurs intéressés.


LES MEMBRES DE LA TROUPE :

Ceddrik ARQUIER, diplômé en science du langage, comédien et auteur

Enzo BLONDEAU, médiateur scientifique

Amel BOUHAFS, doctorante

Anne COSTES, chercheuse

Julien DARVE, journaliste culturel

Véronique ERIKSSON, enseignante-chercheuse à la retraite

Bernard FALLERY, enseignant-chercheur à la retraite

Fabrice GALIA, ingénieur de recherche hospitalier

Mathieu MARCHAL, enseignant

Charlotte MONTES, orthopédagogue

Marie NEYRAND, responsable vin et oenotourisme

Michèle SANGUILLON, ingénieure de recherche

Marion TANDY, assistante de conservation du patrimoine

Bruno TISSEYRE, enseignant-chercheur

 

Galilée 3.0 est une troupe mixte et intergénérationnelle, composée de chercheurs, d’enseignants, de personnels de médiation ou de communication et, plus globalement, de professionnels des secteurs culturels et scientifiques. Ses membres sont tous des passionnés de théâtre, qui se sont déjà produits sur scène et engagés dans des projets au sein d’autres troupes ou associations.

 

Le projet en cours : Zoo ou l'assassin philanthrope

SYNOPSIS

Une nuit d’orage, un cottage anglais, un infanticide.

Le coupable est arrêté : on le juge.

Oui mais voilà, les débats sur la nature de la petite victime prennent le pas sur les délibérations. Et pour cause : la mère de l’enfant appartient à une nouvelle espèce d’hominidés fraîchement découverte en Nouvelle-Guinée, le Paranthropus Erectus.

Sont-ils des singes ? Sont-ils des hommes ?

Il faudra bien que le procès en décide puisque le sort de l’accusé en dépend. A moins que des enjeux beaucoup plus gros ne se cachent derrière ces considérations zoologiques…


"Quand au lieu d'observer on se met en tête de prouver, on est fichu, on ne dit plus que des bêtises" (Vercors, 1963).

Répétition d'une scène de tribunal à Genopolys.  © Michèle Sanguillon


Débuter un nouveau projet est toujours un moment crucial dans la vie de la compagnie. Il faut que l’aventure à venir soit à la hauteur des objectifs de la troupe, et quels objectifs ! Aborder la science et son rapport à la société, à l’Humain avec un grand H. Or, voilà que l’un de nos comédiens se souvient d’une lecture de jeunesse : Zoo ou l’assassin philanthrope de Vercors, une pièce de théâtre  qui ne pose ni plus ni moins que la question « Qu’est ce que l’Humain et la science peut elle le définir ? ».

Ni une, ni deux, voilà que la compagnie Galilée 3.0 embarque vers de nouveaux rivages, ceux de la Nouvelle-Guinée, où une espèce primate inconnue vient d’être découverte. Les Paranthropus Erectus, familièrement appelés Tropis, sont des hominidés qui semblent tenir à la fois de l’humain et du singe. Le texte de Vercors, dense et remarquablement bien construit, tourne autour de cette nature hybride et de l’avalanche de conséquences inattendues qu’elle provoque, dont le point de départ de la pièce : l’assassinat d’un nouveau-né Tropi et le procès de son meurtrier.

Pourquoi l’assassin, Douglas Templemore, journaliste membre de l’expédition qui a découvert cette nouvelle espèce, a-t-il perpétré un tel acte ? Pourquoi le premier jury du procès a-t-il purement et simplement refusé de délibérer ? Pourquoi hommes politiques et hommes d’affaires semblent-ils si fébriles quant à l’issu des assises ?

Les réponses à ces questions sont dévoilées au fil des témoignages. A la barre, l’impartialité de la science est sans cesse mise à mal par les intérêts personnels des uns et des autres et le propos scientifique trituré, étiré, manipulé en tous sens. D’abord par l’accusation et par la défense, concernées par le sort de l’accusé, puis par les témoins et leurs égaux, par les parties impliquées, motivées par l’appât du gain ou par leurs idéologies...

Autant de situations qui semblent crier : la science n’est que ce que l’on en fait ! Car si les résultats sont impartiaux, ils sont nécessairement soumis à l’interprétation, non seulement des scientifiques, mais de tout un chacun. Il appartient donc à tous citoyens de se saisir du propos scientifique en faisant preuve de sens critique, et même de sens moral, afin de distinguer ce qui relève des faits et ce qui relève de l’interprétation.

C’est à cette démarche qu’invite Zoo, tout en questionnant ce qu’est l’Humain, et même d’avantage, ce qui fait notre humanité. En ces temps de fake news et de conspirationnisme, le débat nous semble plus que nécessaire…  

https://twitter.com/0Galilee3/status/1142756174611320833


Un procès en forme de zoo, un zoo en forme de procès.

Il y a des moments dans Zoo où l’on a du mal à distinguer les singes des Tropis, les Tropis des personnages, les personnages des comédiens et les comédiens du public. La différence existe-t-elle vraiment d’ailleurs ? C’est une question que la pièce, par ses thèmes et sa forme, invite à se poser.

Qu’est-ce qu’un zoo ? Un endroit où évoluent des êtres vivants derrière une barrière, exposés à la vue d’autres êtres vivants. Cette définition ne ressemble-t-elle pas étrangement à celle du théâtre finalement ? Les comédiens évoluent sous les projecteurs, scrutés par le public qui les observe à l’abri derrière la rassurante barrière de la scène, chacun de part et d’autre de la frontière entre ceux qui donnent à voir et ceux qui observent. Cette disposition particulière partagée par le zoo et le théâtre est également commune à la forme que Vercors a choisi de donner à sa pièce : le procès. Le procès à beaucoup à voir avec le théâtre : défense et accusation mettent en scène leurs arguments pour remporter l’adhésion de leur audience. Mais de manière moins évidente, le procès tient également beaucoup du zoo : les minauderies des témoins, les effets de manche des avocats, les tambourinement du juge et son marteau son scrutés par les membres du jury, comme autant visiteurs observant des primates défendre leur bout de gras.

Si le théâtre n’est pas qu’une affaire d’imitation, il dépeint une situation, même imaginaire, en s’appuyant sur des éléments du réel.


"En matière d'imitation, les singes sont très forts vous savez ?" (Vercors, 1963).

C’est vrai. Les comédiens aussi.

Drôles de bestiaux qui singent leurs congénères pour mieux leur faire prendre conscience de leur propre condition..

Lire Zoo, mettre en scène Zoo, jouer Zoo, c’est embrasser l’adéquation entre le fond du texte et sa forme. C’est réaliser que la frontière entre le zoo, le procès et le théâtre, entre la cour et les jurés, entre acteurs est spectateurs est exactement comme celle entre l’homme et le singe : bien mince.

Répétition de Zoo ou l'assassin philanthrope. © Michèle Sanguillon

 

Si vous avez envie d'en découvrir plus, vous pouvez suivre l’avancement du projet sur Facebook et Twitter. Mais surtout, ne ratez pas les dates de nos représentations qui seront affichées dans l'Agenda d'Echosciences Occitanie.