Alphonse Bertillon et l’anthropométrie

Publié par Dinanthropos Lazerus, le 16 décembre 2019   880

Bertillon et sa méthode

Alphonse Bertillon

Alphonse Bertillon est celui qui a permis l’identification des criminels juste avant l’utilisation des empreintes digitales. Issu d'une famille fortement marquée par les études démographiques et anthropologiques, il poursuit d'abord des études de droit avant d'entrer à la préfecture de police en 1879 comme commis aux écritures.

À cette époque, on le rappelle, il n’y a pas de système unanime qui permette de reconnaître une personne à travers la France. C’est la même année qu’il invente sa méthode, dont le principe est en soi plutôt simple. On va mesurer tout ce qui est mesurable sur une personnes, notamment les os, relever des éléments déterminants du visage puis photographier le sujet de profil et de face.

Au total, ce sont quatorze points qui sont mesurés. L’ensemble est notée sur une petite fiche que l’on va appeler fiche anthropométrique (ou autrement dit : “une fiche qui mesure les humains”). En 1893, 500 000 fiches étaient ainsi archivées par le service de l’identité judiciaire chargé de la centralisation des données. 

Contemporain de l’identification digitale, les deux techniques se mélangent avant que l’empreinte digitale ne prenne le dessus dans la dernière partie du 20e siècle. 

Quelle est l’originalité de la méthode de Bertillon ?

Henri Leon Sheffer

Jusqu’au début du 19e, la flétrissure est la principale preuve qu’un crime a été commis. Il s’agit d’une marque tracée dans la peau des délinquants pour reconnaître le crime qu’ils ont commis. Par exemple, on trace une fleur de lys pour une prostituée, un v pour un voleur, etc. En l’absence de cette marque, le problème est d’identifier les récidivistes. Pendant de nombreuses années, rien n’est mis en place par le système judiciaire. Les coupables sont donc difficilement trouvables tant qu’ils sont en mouvement.

En parallèle du bertillonnage, en France, on assiste aux débuts de la criminologie avec notamment Cesare Lombroso et Alexandre Lacassagne, puis l’émergence de la police criminelle. Leurs approches consistent à trouver des facteurs qui jouent un rôle dans la criminalité. Si Lacassagne reconnaît l’importance et la responsabilité de la société dans laquelle une personne devient criminel, Lombroso détermine la naissance de la criminalité à la naissance de l’individu et dans son aspect physique. C’est ce que l’on appelle la théorie du criminel-né.

Pour retrouver des exemples de ce qui s’est fait ou trouver des références en criminologie, vous pouvez consulter un portrait de Bertillon fait par le Centre de Ressources sur l’Histoire des Crimes et des Peines à Agen.