Retour sur le lancement du Pôle territorial de référence en Occitanie

Publié par Echosciences Occitanie, le 8 décembre 2017   1.7k

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Mardi 14 novembre 2017, à l’Hôtel de Région à Toulouse, une cinquantaine d’acteurs régionaux de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CSTI), de collectivités et d’institutions étaient au rendez-vous pour le lancement du nouveau Pôle territorial de référence (PTR) « Sciences et Société » en Occitanie. Cette instance de réflexion – dont un appel à contributions est en cours pour lui trouver un nouveau nom – a pour principale mission d’animer et dynamiser la CSTI en Occitanie, afin de placer les sciences au cœur de la société.

Il fait suite au PTR de l’ex-région Midi-Pyrénées, lancé en 2013, qui avait notamment permis de faire évoluer les appels à projets de CSTI grâce aux suggestions de ses membres et développer des outils tels qu’Echosciences Occitanie.     

Cette journée fut l’occasion pour les nouveaux membres du PTR de préciser les missions de ce dernier, de soumettre des thèmes de groupes de travail à mettre en place, et d’imaginer ensemble des premières actions très concrètes. 

Le Pôle territorial de référence et sa mise en œuvre 

Bertrand Monthubert, Conseiller régional délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, et Marie-Élisabeth Borredon, Déléguée Régionale à la Recherche et à la Technologie, ont introduit la journée en rappelant les objectifs du PTR.

Ce groupe de réflexion, dont les membres sont présentés dans cet article, assurera les missions suivantes :

  • Animer le réseau local ou régional dans le respect de la diversité locale.
  • Proposer des formes de mutualisation et d’actions collectives.
  • Coopérer avec les instances nationales de la gouvernance de la CSTI et faire circuler l’information.
  • Participer à la mise en œuvre des orientations du Conseil National qui s’articulent autour de 4 enjeux sociétaux : culturel (conforter notre culture commune et créer du lien), démocratique (éclairer le débat public et les choix politiques), éducatif (former les jeunes citoyen-ne-s), social (favoriser les facteurs d’inclusion).

Pour cela, des journées de réflexion et groupes de travail seront mis en place durant toute l’année. Le fruit de ces échanges sera communiqué à l’ensemble des acteurs régionaux, sur le site Echosciences Occitanie et lors de Forums territoriaux ouverts à toutes et tous. 

Afin d’assurer la mise en œuvre de cette instance, et plus généralement l’animation du réseau d’acteurs sur le territoire, un consortium d’associations mènera un plan d’actions sur trois ans, comportant 9 grands axes :

  • Animer le PTR.
  • Structurer et animer le réseau des acteurs de la CSTI.
  • Valoriser tous les acteurs et les activités de CSTI.
  • Impulser et accompagner les projets sur l’ensemble du Territoire.
  • Créer un centre de ressources régional.
  • Développer des partenariats avec des acteurs hors CSTI.
  • Mener des actions de Recherche et Développement sur les nouvelles formes de médiation.
  • Proposer des formations pour l’ensemble des acteurs de la CSTI.
  • Évaluer les actions de CSTI et leurs impacts sur les publics.

Dynamique CSTI des jeunes chercheurs régionaux, accompagnement innovant et financements, territorialité, tourisme scientifique… Les premiers groupes de travail

La matinée fut également l’occasion d’échanger sur des problématiques communes permettant de faire émerger des propositions de groupes de travail. Ces groupes de travail, lancés dès le mois de janvier 2018, ne seront pas réservés qu’aux membres du PTR, mais ouverts à toutes les personnes impliquées en CSTI et intéressées par la problématique.

Proposition 1 : Comment rapprocher éducation formelle et éducation informelle ?

Comment faire en sorte qu’il n’y ait pas d’un côté l’enseignement scolaire et de l’autre l’animation culturelle ? C’est l’une des problématiques soulevées par les membres du PTR. Ce groupe de travail permettrait d’analyser les passerelles existantes entre les établissements scolaires et les structures de CSTI, et d’en tirer des propositions d’actions très concrètes (par exemple, une visite obligatoire dans un lycée pour les doctorants ou encore un travail autour de l’articulation entre actions de CSTI et programmes scolaires). Il est en effet nécessaire de sensibiliser les jeunes, et plus particulièrement les filles, à la compréhension des sciences et des technologies, leur permettre d’avoir un esprit critique et d’envisager une carrière dans ces domaines. En cela, les acteurs de la médiation scientifique peuvent apporter beaucoup aux enseignants.

Ce groupe de travail pourra être co-animé avec une personne du Rectorat. 

Proposition 2 : Comment inciter les jeunes chercheur-e-s à s’impliquer dans la CSTI  et renouveler l’image des chercheur-e-s ?

À travers ce groupe de travail, il s’agirait de lever les points de blocages des chercheurs à la fois par l’accompagnement et la valorisation. Mais également de constituer une communauté « d’ambassadeurs ». 

Proposition 3 : Comment initier une dynamique autour du tourisme scientifique, technique et industriel régional ?

La région Occitanie est la première région de France en termes de tourisme. Mais comment faire en sorte d’intégrer le tourisme scientifique et technique de manière plus forte ? Et comment mettre en résonnance les établissements les uns avec les autres ? Ce sera l’objectif de ce groupe de travail, qui pourrait par ailleurs s’appuyer sur une étude réalisée par des étudiants sur l’offre de tourisme scientifique et technique.

Proposition 4 : Comment s’emparer des médias/nouveaux médias pour lutter contre les fake news et contre-vérités ?

L’objectif de ce groupe : lutter contre le prêt-à-penser et permettre aux citoyens, et plus particulièrement les jeunes, d’acquérir un raisonnement construit. Il devra notamment imaginer des actions de sensibilisation à la démarche scientifique et d’éducation aux médias. 

Proposition 5 : Comment faire en sorte que la CSTI couvre tout le territoire, et plus particulièrement les zones rurales ?

Les participants ont rappelé que le PTR doit avoir pour mission d’irriguer les territoires ruraux. Le débat scientifique doit s’inviter partout. Comment toucher l’ensemble du territoire ? Et faire en sorte que les acteurs de la recherche et dispositifs de médiation scientifique circulent à travers la région ?

Proposition 6 : Où trouver de nouvelles sources de financement ?

Nouveaux partenariats, appels à projets nationaux, crowdfunding… Ce groupe pourra apporter des solutions concrètes en matière de financement de la CSTI, mais également de simplifications administratives.

De nombreux autres thèmes ont également été suggérés, pouvant faire l’objet de futurs groupes de travail ou être intégrés en transversal dans les 6 propositions de groupes de travail :

Rendre plus « fun » les sciences / Les leviers pour mieux impliquer les industriels dans la diffusion de la culture scientifique et technique / L’Egalité Homme-Femme / Les formations des enseignants / Les outils de communication vers les publics et de valorisation des actions menées / Les sciences participatives / La place aux sciences humaines et sociales / L’Histoire des sciences... 

Des premières idées et recommandations pour dynamiser la CSTI

L’après-midi fut l’occasion de réfléchir autour de quelques thématiques suggérées pour les groupes de travail. Les participants avaient pour objectifs de dégager des premières recommandations et idées d’actions originales. Une opportunité également pour beaucoup de se découvrir et d’apprendre à travailler ensemble.

Atelier 1 « Comment favoriser le tourisme scientifique et technique sur la région ? »

Dans cet atelier, les présents ont tenté d’imaginer de nouveaux moyens pour développer un tourisme basé sur le patrimoine et l’innovation scientifique.

Premier problème évoqué : le manque de visibilité de l’offre. Les publics (touristes et locaux) sont aujourd’hui peu informés de l’offre existante. Les offices du tourisme, médias et élus relaient trop peu l’information. Par ailleurs il y a encore trop peu de connexions entre les lieux qui communiquent souvent chacun de leur côté.

Recommandations :

  1. Développer un marketing de tourisme CSTI, à l’instar des « Grands sites » d’Occitanie.
  2. Imaginer une campagne de communication attractive et créer des supports de communication, notamment pour les offices du tourisme.
  3. Travailler sur des parcours touristiques thématiques.
  4. Mettre en place des partenariats avec les médias et influenceurs.
  5. Cibler et impliquer le public local. S’appuyer sur des « ambassadeurs ».
  6. S’appuyer sur de grands évènements tels que la Fête de la science pour construire une offre touristique qui durerait toute l’année

Idées d’actions :

  1. Lancer un label des sites de CSTI.
  2. Réaliser des fiches « parcours touristiques thématiques » à diffuser par les offices de tourisme.
  3. Créer une visite de sites grâce à des masques de réalité virtuelle afin de donner envie de venir.
  4. Réaliser un guide « Science Tour » en s’associant à un grand éditeur de guides touristiques.
  5. Créer un « coffret cadeau » sur le thème du tourisme scientifique, en l’envisageant à l’échelle nationale.
  6. Mettre en place une « caravane des sciences » qui transporterait des touristes sur plusieurs jours à travers les sites CSTI de la région.

Deuxième problème : la science n’est pas associée au plaisir, au rêve, au « fun » ou aux loisirs. Et l’industrie conserve une image négative. La science et la technique sont d’ailleurs peu intégrées dans l’offre culturelle (les agendas par exemple). On constate par ailleurs que le tourisme « mémoire » fonctionne bien. 

Recommandations :

  1. Identifier les besoins et envies des publics à travers une enquête.
  2. Proposer des expériences à vivre pour des touristes-proactifs. Un tourisme dit « expérientiel ».
  3. Mettre en valeur les acteurs sur des thèmes « arts et sciences ».
  4. S’appuyer sur les atouts régionaux : mer – terre – montage.
  5. S’appuyer sur les figures historiques locales et l’histoire des sciences. Montrer par ailleurs comment le territoire a toujours été dans une dynamique d’innovation, et ce à travers les époques.

Idées d’actions :

  1. Proposer des spectacles et animations scientifiques dans campings, stations balnéaires, hôtels, bases de loisir, marchés, grands sites touristiques…
  2. Créer un parc d’attractions à tonalité scientifique et technique.
  3. Mettre en place une chasse au trésor scientifique sur tout le territoire, en s’appuyant notamment sur la communauté des géocacheurs.

Troisième problème : les acteurs ont encore du mal à s’investir dans une offre de tourisme scientifique. Soit par manque de moyens (manque de personnels, problème d’ouverture les week-ends, pas d’offre en langues étrangères…). Soit par scepticisme (pas d’intérêt de la part des publics, pas de modèle économique…).

Recommandations :

  1. Identifier tous les acteurs susceptibles de proposer une offre ainsi que leurs besoins et points de blocage.
  2. Développer l’offre de tourisme d’affaire et tourisme scolaire.

Idées d’actions :

  1. Réaliser un catalogue régional d’offre touristique scolaire (séjours, visites…) à diffuser dans d’autres régions.
  2. Créer un catalogue régional d’offre de tourisme d’affaires, à destination des professionnels. 

Atelier 2 « Comment inciter les jeunes chercheur-e-s à s'impliquer en CSTI ? »

Dans cet atelier, il s’agissait de trouver des leviers pour inciter les chercheurs à s’investir dans des projets de médiation scientifique et technique.

Premier problème évoqué : on constate un véritable manque de reconnaissance des actions de CSTI. Il y a trop peu de dynamique incitative de la part des institutions et directeurs de laboratoires. Les contraintes de temps sont également souvent évoquées.

Recommandations :

  1. Faire en sorte que les actions de médiation scientifique soient reconnues et comptabilisées dans les crédits. Qu’elles soient également prises en compte dans l’évaluation des chercheurs.
  2. Solliciter et convaincre les directeurs de recherche.
  3. Offrir un bonus financier pour les scientifiques impliqués en CSTI.
  4. Valoriser des « ambassadeurs » et projets phares.

Idées d’actions :

  1. Intégrer systématiquement dans les appels à projets un bonus financier si une action de diffusion sur le terrain est mise en place.
  2. Lancer un prix de la meilleure action de médiation scientifique d’une équipe.
  3. Organiser un théâtre forum mettant en scène un directeur de thèse, un étudiant… afin de changer le regard sur la médiation scientifique.

Deuxième problème : beaucoup de scientifiques méconnaissent le domaine de la CSTI. Il leur manque les outils et méthodes. Trop peu de formations et d’accompagnement à la démarche de diffusion leur sont proposés. Il manque également des lieux et temps de rencontres entre chercheurs et acteurs de la CSTI.

Recommandations :

  1. Mettre en place des accompagnements des jeunes chercheurs par des professionnels de la CSTI.
  2. Inviter des doctorants à assister à des actions de médiation scientifique.
  3. Intégrer des modules de sensibilisation à la CSTI obligatoires dans les écoles doctorales.
  4. Mettre en place des lieux et rencontres pour réunir mentors et jeunes chercheurs.

Idées d’actions :

  1. Répertorier dans les universités tous les étudiants, chercheurs, doctorants… ayant déjà participé à une action de CSTI et recueillir leurs retours et conseils. Créer par la suite une communauté d’acteurs.
  2. Mettre en place un programme de mentorat entre un scientifique faisant de la médiation et un souhaitant en faire.
  3. Organiser des réunions d’information sur la médiation auprès des doctorants subventionnés par la Région.
  4. Créer une boite à outils pour les chercheurs souhaitant s’impliquer en médiation scientifique : formations, outils pédagogiques, supports…  
  5. Créer des collaborations entre jeunes chercheurs et Youtubers.

Troisième problème : les actions envers le public scolaire sont encore peu développées au sein des laboratoires.

Recommandations :

  1. Créer plus de passerelles entre universités et lycées.
  2. Présenter le concours « Ma thèse en 180 secondes » dans les collèges et lycées.
  3. Proposer des visites de laboratoires, des interventions de scientifiques, des visites virtuelles ainsi que des portraits de chercheurs aux enseignants.
  4. Organiser des résidences d’enseignants dans les laboratoires.

Idées d’actions :

  1. Présenter le concours « Ma thèse en 180 secondes » dans les collèges et lycées.
  2. Proposer des visites de laboratoires, des interventions de scientifiques, des visites virtuelles ainsi que des portraits de chercheurs aux enseignants.
  3. Organiser des résidences d’enseignants dans les laboratoires. 

Atelier 3 « Comment lutter contre les fake news ? »

Après un échange autour du terme « fake news », et plus généralement du thème des contre-vérités, les participants ont imaginé des moyens d’éduquer aux médias les citoyens, et plus particulièrement les jeunes.

Premier problème évoqué : il y a encore peu d’actions de sensibilisation et d’éducation aux médias. Face à cela, les jeunes ont aujourd’hui accès à une grande quantité d’information sur Internet, non recoupée.

Recommandations :

  1. Réaliser un état des lieux des pratiques d’éducation aux médias.
  2. Réinvestir les lieux culturels en milieu rural et dans les quartiers pour éduquer aux médias. Créer des espaces de dialogue, de rencontre, de « désintoxication ».
  3. Former à la démarche scientifique et développer l’esprit critique. Apprendre à décoder l’information par des ateliers.
  4. Favoriser les jeux de rôles pour révéler les contre-vérités et controverses.

Idées d’actions :

  1. Lancer des ateliers de décodage de l’information dans des lieux publics comme les bibliothèques. Proposer par exemple un atelier « Rédige un article ou crée une vidéo comportant une contre-vérité ».
  2. Lancer chaque année des débats dans les lycées.
  3. Créer des émissions radio ou chaines YouTube avec des jeunes pour démonter les fausses informations de manière humoristique.
  4. Monter un jeu de piste ou un escape game sur les fausses croyances et l’évolution des théories scientifiques.
  5. Mettre en place du théâtre d’improvisation invitant des scientifiques dans une « battle ». Par exemple un affrontement entre deux équipes : « savoirs » et « croyances ».

Second problème évoqué : beaucoup d’acteurs n’ont pas les outils ni méthodes pour lutter contre des groupes bien rodés.

Recommandations :

  1. Prendre en main et utiliser les mêmes supports de diffusion : YouTube, Snapchat…
  2. Dénoncer par l’humour.
  3. Se servir de l’Histoire pour argumenter.

Idées d’actions :

  1. Proposer une formation aux enseignants pour lutter contre les fausses croyances.
  2. Créer un média de fausses informations scientifiques à l’exemple du Gorafi afin de dénoncer ce type de pratique.

 

Après ces premières séances créatives, il s’agira maintenant pour chaque groupe de travail d’étudier l’existant et de construire un plan d’actions concrètes à mettre en place dès 2018.


Si vous souhaitez animer ou participer à un groupe de travail (ouverts à toutes et tous), nous vous invitons à contacter l’équipe d’animation du PTR via l’adresse cstioccitanie@gmail.com.

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