Anne-Cécile Dagaeff, une bénévole à la double casquette : docteure en Biologie et chargée de médiation scientifique

Publié par Marion Dax, le 13 décembre 2020   230

Xl anne cecile portrait

Article rédigé par Marion Dax, dans le cadre de la série "Portraits de bénévoles"

Anne-Cécile Dagaeff est actuellement chargée de médiation scientifique au Muséum de Toulouse et co-fondatrice de l’association Honua, créée en 2014. Docteure à l’origine, elle a trouvé un équilibre entre médiation et recherche pour encourager la préservation de l’environnement.

Un parcours riche en apprentissages : entre passion et fascination

C’est après avoir fait une école d’ingénieur en agronomie à Paris (AgroParisTech) qu’elle s’est intéressée à l’étude du comportement animal. Anne-Cécile s’interrogeait sur les actions et les pensées de chacun d’entre eux. Pour trouver des éléments de réponse à ses interrogations, elle s’est spécialisée en Écologie, Biodiversité et Évolution. C’est dans ce cadre-là qu’elle a réalisé un stage sur la résolution de conflits chez les corbeaux.

 J’ai été fascinée par le sujet et ce stage est resté gravé dans ma mémoire. 

Ainsi, elle a souhaité poursuivre ses études en réalisant une thèse tout aussi riche en questionnements. Elle s’est passionnée pour l’étude de la sélection sexuelle et plus particulièrement du phénomène d’imitation du choix du partenaire chez les drosophiles.

 Cette thèse m’a permis de découvrir le monde de la médiation et de la vulgarisation scientifique, que je ne connaissais pas vraiment avant. 

En effet, Anne-Cécile s’est vu confier l’animation d’expositions auprès de scolaires dans le cadre du festival toulousain des connaissances « La Novela ». Cette activité était organisée par l’association de médiation scientifique tenue par des doctorants « Plume ! ». Sa volonté de transmettre ses connaissances est ainsi née de ces expériences. Avant la fin de son doctorat, elle s’est alors lancée dans l’aventure du bénévolat à Toulouse en co-créant sa propre association : Honua.  

Anne-Cécile Dagaeff : porte-parole engagée de l’environnement

Equipe Honua
Légende : Eline, Juliane, Anne-Cécile et Marion (membres de l’association Honua).

Son objectif était clair : réaliser des animations sur le territoire pour transmettre ses savoirs et encourager la préservation de l’environnement. Pour cela, elle s’est accompagnée de deux de ses amies de thèse, d’une amie du laboratoire Ecolab et de trois autres amies afin de proposer de nombreux ateliers pratiques, des conférences et des animations ludiques. Par ailleurs, le choix du nom de leur association n’est pas anodin. Anne-Cécile nous explique que le terme Honua signifie "le monde" en polynésien et "honu" signifie tortue dans cette même langue. Elles souhaitaient à travers ce dernier :

 Attirer l’attention sur la fragilité des milieux et notamment ceux des îles. Aujourd’hui, l’équipe a pour objectif de montrer au plus grand nombre à quel point la nature est cool et intéressante pour leur donner envie de la protéger. 

Leurs discours ne sont pas moralisateurs ni culpabilisants mais davantage positifs et encourageants. C’est de cette façon qu’Anne-Cécile tente d’émerveiller ses interlocuteurs et les informe des bons gestes à adopter.

Le contact humain et l’échange sont leurs priorités. L’association s’occupe notamment depuis 2014 de l’évènement « La nuit des chercheurs ». Chargée d’organiser le speed searching (échanges rapides entre le public et les chercheurs autour de leurs métiers ou objets d’études), de former les chercheurs, d’animer l’évènement et d’accueillir les participants le jour J, l’équipe est pleinement engagée et considère cet évènement comme leur « bébé ».

La nuit des chercheurs
Légende : Anne-Cécile, Eline et Marion (membres de l’association Honua) à l’évènement toulousain « La Nuit des Chercheurs » en 2018.

Honua intervenait également au Quai des Savoirs de Toulouse pour des animations auprès de scolaires. Anne-Cécile réalise les conférences intitulées « Désenchantés » avec l’aide d’Agatha Liévin-Bazin, une éthologue spécialiste du comportement animal. Elles y décryptent le vrai du faux dans les films cultes de Disney. 

 On déconstruit et analyse des grands classiques qui éveillent nos âmes d’enfants comme Le Roi Lion, Le Monde de Némo ou encore Alice aux Pays des Merveilles. 

L’évènement se déroule à l’Eurêkafé de Toulouse, le premier café scientifique de France. Les conférences se terminent par une dégustation de produits, directement en lien avec le thème de la conférence. C’est un concept destiné à tous les publics qui semble attirer les plus curieux !

Conférence "désenchantés"
Légende : Conférence « désenchantés » à l’Eurêkafé de Toulouse.

Un métier à son image 

Chargée de médiation scientifique au Muséum de Toulouse depuis avril 2019, elle met à profit ses connaissances du monde de la recherche.

 Être docteure est un avantage certain pour exercer ce métier car la médiation nécessite une pleine compréhension des sujets pour bien les vulgariser. 

Elle fait partie d’une équipe de seize personnes, composée de profils assez différents, chacune d’entre elles ayant une spécialité. Anne-Cécile réalise des visites guidées, des animations pour des scolaires et organise des évènements avec des chercheurs. Elle a ainsi animé un Escape Game scientifique original et ludique. L’objectif était de faire découvrir le musée à travers la résolution d’une énigme. Anne-Cécile nous explique que c’est dans une pièce fermée dédiée à l’animation que les publics faisaient face à un bug de logiciel. En une heure et en équipe, ils devaient trouver une solution pour sortir de la pièce avant qu’un gaz mortel ne se propage. Ils ont ainsi pu découvrir la réserve pédagogique du Muséum, un endroit où de nombreux objets de recherche y sont rangés.

J’étais ravie parce que les participants ont tous apprécié l’expérience !

Le mot de la fin, ou peut-être du début ?

Chaque geste compte, il n’y a pas de petit geste. Anne-Cécile insiste à ce sujet lorsqu’elle échange avec des jeunes publics. Elle souhaite les encourager à préserver l’environnement tout en valorisant leur pouvoir d’agir. En effet, la docteure explique que :

 Chacun peut faire des petits efforts pour améliorer son quotidien en faveur de l’environnement. Pourquoi pas en mettant des plantes sur son balcon ou dans son jardin, pour contribuer à la pollinisation ? En arrêtant d’utiliser des produits phytosanitaires, pour réduire son impact sur les sols, la santé des insectes et la nôtre ? En limitant ses emballages ? En achetant auprès de circuits courts et magasins bio ? 

Tant d’exemples qui selon elle peuvent ralentir l’impact néfaste des activités de l’Homme sur la planète pour continuer à vivre mieux. Alors, à votre tour d’y contribuer !

 

Pour en savoir plus :

  • Consultez le site web de l’association Honua : https://honua.fr
  • Découvrez l’interview d’Anne-Cécile et d’Agatha au sujet des conférences «Désenchantés» via le lien suivant : https://bit.ly/3qKz8FL

 

Crédits des images :  Juliane Casquet, Anne-Cécile Dagaeff, Association Honua.

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