Olivia Dorado et les effets spéciaux au cinéma : le goût du partage scientifique

Publié par Maëva Rahard, le 14 février 2022   360

Un jour, elle s’est interrogée sur le fonctionnement d’une machine à laver. Aujourd’hui, elle étudie les effets spéciaux au cinéma. Décortiquer les décors de films et partager son travail avec les autres sont deux pratiques intrinsèques et nécessaires au quotidien d’Olivia Dorado. Découvrons son portrait et son approche de la vulgarisation scientifique.

Olivia a toujours aimé démonter des objets et comprendre comment cela fonctionnait. Cette volonté de déceler ce qui se cache derrière, à découvrir ce qu’on ne voit pas au premier abord ainsi que l'envie de créer des histoires ont poussé Olivia à travailler sur les effets spéciaux du cinéma.

Du rêve d’enfant à la concrétisation professionnelle

Olivia Dorado a su, dès ses 12 ans, qu’elle désirait travailler dans les décors de film. Edward aux mains d’argent de Tim Burton est le film qui lui a donné envie de travailler dans ce domaine. En effet, elle apprécie dévoiler que « chaque élément de décor, pris individuellement, raconte l’histoire ».

Pour ce faire, Olivia a commencé par un DUT Publicité à Bordeaux. Elle a ensuite réalisé un stage dans ce secteur à Paris. Elle est entrée à l’ENSAV (anciennement ESAV), l’Ecole Nationale Supérieure d’Audiovisuelle à Toulouse pour y préparer un master en décoration . Les objectifs étaient de dessiner des plans, fabriquer des décors, donner vie à une histoire derrière l'histoire, budgétiser comme le fait un chef de décoration, sujets qu’elle a été amenée à développer au cours de dix années de travail dans le domaine.

Après cette décennie d’expériences, Olivia a souhaité reprendre ses études en intégrant un DURCA (DU de Recherche et de Création en Audiovisuel) afin de se spécialiser davantage dans les effets spéciaux à la prise de vue.

Depuis cinq ans, elle travaille sur le sujet de thèse suivant : « Effets visuels scénographiques : l'expression d'une identité filmique par l'hybridation ». A travers ce travail de recherche, Olivia cherche à proposer une alternative à l’utilisation du numérique dans les effets spéciaux des films. Elle travaille sur une amélioration d’anciennes techniques qui peuvent être utilisées aujourd’hui.

La vulgarisation scientifique et la recherche : deux mondes indissociables

Pour Olivia, la vulgarisation a une double portée. D’une part, elle permet de rendre un sujet scientifique plus accessible. D’autre part, d’un point de vue plus personnel, elle génère une autoréflexion sur le sujet en mettant en lumière certains éléments.

La vision de la recherche qu’on avait et qu’on a peut-être encore aujourd’hui est qu’elle est « inaccessible et extrêmement segmentante ». Cela donne l’impression qu’une barrière s’érige entre le monde et les chercheurs. Or, comme le souligne Olivia, la recherche n’est pas un monde fermé, qui ne traite que de sujets complexes et qui ne semble pas avoir d’impact dans notre quotidien.

« C'est chouette de montrer aux gens qu'on peut faire de la recherche sur plein de domaines différents ! » Olivia Dorado

La thèse d’Olivia portant sur les effets spéciaux souligne bien que tout sujet peut être amené à la recherche. Valoriser un travail de recherche sur un sujet comme les effets spéciaux, « c’est quelque chose que les gens peuvent toucher du doigt dans leur quotidien » et donc qui génère un certain intérêt chez le grand public.

La vulgarisation scientifique implique une simplification des pensées et donc une clarté du sujet scientifique. Parfois, des remarques faites par les gens l’ont fait avancer sur son terrain et lui font prendre du recul sur son propre travail. De plus, la vulgarisation scientifique permet de créer une relation saine entre le public et le chercheur puisque c’est un échange sans rapport de hiérarchie ou de force qui a lieu.

Une expérience de vulgarisation scientifique très enrichissante avec Sciences en Bulles

Dans cette envie de partage scientifique, Olivia Dorado a participé à l’expérience de Sciences en Bulles : réaliser une BD de vulgarisation scientifique. Elle a été attirée par le format ludique et facile d’accès qu’est la BD. Cette aventure, Olivia l’a partagée avec neuf autres doctorants et doctorantes de toute la France, travaillant sur des sujets de thèses divers.

Ce travail a demandé beaucoup de temps avant d’obtenir la BD finalisée. Entre la rédaction, la réalisation visuelle et les diverses retouches, Olivia a été accompagnée afin de matérialiser de manière ludique et claire un pans de sa recherche.

« La complexité c’est de montrer que ça reste un sujet sérieux et scientifique ». Nombreuses sont les personnes qui lui disent : « C’est trop bien, vous regardez des films tout le temps ». Or, c’est tout le contraire. A chaque fois qu’Olivia regarde un film, sa casquette professionnelle prend le dessus et elle se plonge dans une analyse du film sauf pour les films de Noël (rire).

Ce fut une expérience très riche et très intéressante qu’Olivia souhaiterait réitérer. Elle veut faire de cette passion de partage scientifique un élément central de ses futurs projets. Elle souhaite enseigner et transmettre son travail et rendre le monde de la recherche accessible. N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à la BD pour découvrir son travail de façon ludique !