"L'amour du terrain" avec Denis Nespoulous, membre de Tela Botanica

Publié par Echosciences Occitanie, le 29 octobre 2021   460

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Article rédigé par Lucas Leglaye, dans le cadre de la série « Portraits de bénévoles » 

Portrait de Denis Nespoulous, passionné jardinier au Jardin des Plantes de l’Université de Montpellier, et membre de Tela Botanica.

L’amour des plantes

Denis Nespoulous est jardinier-botaniste au Jardin des Plantes de l’Université de Montpellier depuis 2011, en charge de la réhabilitation de cet espace et de son entretien. Mais ce n’est pas tout : il est très investi dans des actions de médiation auprès des différents publics du jardin, actions qui lui tiennent à cœur. Telabotaniste de longue date, il met ainsi en place au jardin des activités pédagogiques en partenariat avec Tela Botanica, association mettant en lien les passionnés de botanique.

Son action en tant que membre de Tela Botanica est indissociable de son travail. Une convention a été mise en place entre l’association et l’Université de Montpellier, offrant à Tela une vitrine et un terrain pour ses activités (Denis est le référent des MOOCs botaniques), et lui offrant en échange de manière très complémentaire la force de son important réseau. Car selon lui, ce qui manque le plus dans son milieu professionnel, c’est la communication. Cette implication lui permet de s’ouvrir au grand public dans une démarche de médiation et de vulgarisation scientifique. On retrouve chez lui un réel désir de faire sauter les a priori sur la botanique et les sciences en général (perçues comme trop complexes, inaccessibles pour le néophyte). “On est tous et toujours d’éternels débutants. L’apprentissage se fait par petits pas”. Le premier pas étant de franchir la porte de son jardin au cœur de Montpellier.

Sa contribution chez Tela Botanica lui permet aussi grâce aux outils numériques de communiquer sur ces projets fédérateurs au-delà des murs du jardin pour rassembler des structures parfois trop séparées les unes des autres. “On crée du lien, de la vie. C’est de cela dont nous avons le plus besoin. Cela permet une ouverture vers une nouvelle façon de communiquer et de faire vivre nos institutions.

Des projets de sciences participatives

Grâce à son lien avec Tela Botanica, Denis a pu mettre en place ou intégrer différents projets. Il organise lui-même des ateliers et animations au jardin.

Parmi les projets qui lui tiennent à cœur : l’Observatoire des Saisons. Ce programme de sciences participatives, créé par le CNRS et animé au niveau national par Tela Botanica, permet au public de faire remonter des informations et des données directement aux chercheurs. Denis participe à tous les niveaux dans la mise en place de l’Observatoire des Saisons au jardin. De la gestion administrative à l’accueil des publics. Après la visite d’une exposition sur la phénologie (l’étude de la variation saisonnière en lien avec le réchauffement climatique et son impact sur le vivant), il aide le public dans le repérage des plantes. Il a ainsi créé un petit sentier pour ce programme de sciences participatives au Jardin des Plantes. Des animations plus axées sur la communication sont également organisées avec l’équipe de Tela.

Un autre projet sur lequel est particulièrement impliqué Denis est celui des sentiers Smart’Flore. Ces sentiers géolocalisés permettent de découvrir et de s’informer sur les plantes répertoriées par l’application. Denis s’en sert au cours de ses animations et ateliers tout en incitant les participants à poursuivre l’aventure en toute autonomie. Cet outil numérique a paradoxalement pour mission de nous reconnecter avec le terrain !

Accueillir les étudiants

Ce qui manque aux étudiants en botanique, ce sont les exercices sur le terrain. Denis tente d’offrir de façon pérenne aux étudiants cette possibilité. Il travaille en lien avec les facultés (Sciences, Pharmacie, composantes de l’université) et autres structures d’enseignement supérieur (écoles GPN) pour créer un cadre structurel d’accueil. Denis souhaiterait créer du lien, des synergies entre les étudiants, les professeurs, le grand public, le jeune public…

À l’avenir, Denis souhaite alimenter le réseau, continuer à créer du lien entre toutes les structures qui pourraient en bénéficier : “on a besoin les uns et des autres pour fonctionner”. Et cela passe par la création d’autres sentiers Smart’Flore, par des MOOCs (comme le MOOC Herbes Folles créé par l’université Paris-Sud sur la biodiversité et les plantes envahissantes), par des actions auprès du grand public, notamment via le projet UniverlaCité dont l’objectif est de faire sortir l’Université de ses murs pour aller à la rencontre des publics des quartiers prioritaires, ou par des projets de sciences participatives (tels que l’Observatoire des Saisons).

Il conclut : “Il ne faut pas s’enfermer dans des démarches trop élitistes ou trop vulgarisatrices, trop universitaires ou trop « grand public », le challenge est de répondre aux attentes de nos différents publics ! On apprend des choses en pleine effervescence. Et maintenant il faut oser mettre ses connaissances à plat et les rendre transversales. Il faut oser se mettre en danger. S’ouvrir et voir ce qu’il se passe, au carrefour de tout et de tous. C’est cela le plus important pour moi.

Plus d'information : 

Tela Botanica est un réseau collaboratif de botanistes francophones dont 80 % résident en France (environ 47 000 inscrits au total en 2020).

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