#BotaniqueAtHome #1 : les plantes carnivores, ces "animaux" de compagnie ?

Publié par Kimiyo - Éveiller votre curiosité, le 12 avril 2020   430

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Pour ce premier partage de plantes que l’on peut retrouver chez soi, nous vous présentons les plantes carnivores. On entend souvent un vocabulaire animalier associé à ces plantes comme « dois-je nourrir ma Dionée ? » ou encore « En combien de temps ma Dionée va t-elle digérer une mouche ? ». Par leur particularité , les plantes carnivores attirent de nombreux collectionneurs. Mais comment s’occuper de végétaux aussi particuliers ? On vous dit tout juste ici !!

Avant de commencer, savez-vous comment l’évolution a favorisé l’apparition de plantes carnivores ? C’est en réalité très simple. L’azote est un élément indispensable à la survie de tous les végétaux, principalement utilisé pour la production de protéines. Traditionnellement, c’est dans la matière organique décomposée que la majorité des végétaux vont le prélever. La majorité des plantes carnivores actuelles vivent dans des milieux notamment appauvris en oxygène et souvent acides. Ces caractéristiques de milieux empêchent la décomposition de matière organique par les décomposeurs. Les plantes vivant dans ce type de milieux se sont donc adaptés au cours du temps, et certaines ont développées le carnivorisme. Et ce caractère a finalement été sélectionné par l’évolution. Maintenant que vous savez tout, laissez nous vous présenter 5 de nos compagnons.

Plante Number One, les Sarracenia. Ces plantes sont présentes à l’état naturel dans les marrais d’Amérique du nord. En vivant des les marécage tourbeux (un marécage possédant un genre de « mousse » typique: la Sphaigne, qui lorsqu’elle meurt, fini par produire de la tourbe) elles passent la majorité de leur temps les pieds dans l’eau.

La fusion de 2 feuilles l’une avec l’autre permet de former des urnes (ascidies) qui leur servent à capturer leurs proies. Au sommet de ces ascidies une coiffe souvent très colorée va attirer les petites bêtes à l’image d’une fleur. Au niveau de l’ouverture, un nectar possédant des propriétés narcotiques est sécrété qui, lorsqu’il sera consommé par le animaux, va les étourdir. Ainsi cela facilitera leur chute dans l’ascidie. Une fois en bas, à cause de parois très lisses, et/ou de poils dirigés vers le bas, ils ne pourront plus remonter. Il seront ensuite digérés par la plante grâce à des enzymes digestives.


Conseils de culture : Si vous souhaitez en cultiver chez vous voici les petits conseils

Niveau de difficulté : **

Matériel :

- 1 grand pot

- 1 coupelle haute

- Sable de Loire (sable d’aquarium).

- Tourbe blonde (facilement trouvable en jardinerie)

- Eau de pluie ou eau dé-minérale

Pour que son développement soit optimal il faut recréer les conditions de son milieu. Optez pour un pot plutôt haut, avec une coupelle haute qui maintiendra l’eau. Mélangez 2/3 de tourbe blonde avec 1/3 de sable de Loire humidifiez le mélange à l’eau de pluie et plantez-y votre Sarracenia.

Culture :

Contrairement à ce qui est dit en jardinerie, ce sont des plantes qui vivent exclusivement en extérieur avec un maximum de luminosité, soleil direct de préférence. Étant une plante tempérée, elle a besoin d’une période de repos. Il est donc important de la laisser passer l’hiver dehors ! (très rustique, elle supportera bien le gel). Pendant sa période de croissance hors hiver, il est important qu’elle garde les pieds dans l’eau. Mais pas n’importe quelle eau, attention, n’utilisez que de l’eau dé-minérale ou de pluie. Les minéraux contenus dans l’eau de source sont mortels pour ces plantes. L’arrosage se fait préférentiellement par la coupelle pour éviter le tassement du substrat.

Plante number Two : la Dionée. Genre n’ayant qu’une seule espèce la Dinaea muscipula, ou Dionée attrape mouche. Tout comme le Sarracenia, à l’état naturel ces plantes se retrouvent en Amérique du nord, principalement en Caroline, dans des marécage tourbeux.

Elle est sans doute la plus connue du grand public pour son étonnant piège, qui fonctionne comme un piège à ours. Les feuilles sont modifiées à leur extrémité en forme de bouche. Dans cette « bouche » il y a des poils qui réagissent aux stimuli mécaniques. La couleur de la bouche et le nectar produit, tout comme la coiffe du Sarracenia, va attirer les animaux. Si un animal vient à toucher les poils plusieurs fois dans un intervalle de temps défini, le piège se refermera sur lui. Plus il bougera, plus le piège va se refermer. Il sera ensuite digéré par des enzymes digestives. Petite anecdote, les « dents » empêchent les animaux de s’échapper. Mais la digestion étant très coûteuse en énergie, ces dent laissent s’échapper les petits insectes qui ne seraient pas rentables pour la plante.

Conseils de culture : Étant une plante qui vit au même endroit que les Sarracenias, il vous suffit de suivre les mêmes conseils. Moins volumineuse, elle est d’autant plus simple à élever.

Niveau de difficulté : *

Plante Number Three : Le Drosera. C’est une plante cosmopolite, que l’on retrouve dans de nombreuses parties du monde, sur tous les continents. Elle est également présente en France dans les petits marais-cages dans les Alpe et la montagne noire par exemple.

Elle possède des poils glanduleux, qui sécrètent une substance gluante parfois irritante (substance mucilagineuses). Cette substance va attirer les petites bêtes puis les engluer. Les stimuli mécaniques de l’animal vont provoquer dans la plupart des cas la contraction de la feuille et des poils puis la digestion, toujours grâce à des enzymes digestives.

Conseils de culture : Privilégiez des Drosera tempérées que vous trouverez en jardinerie et qui auront les mêmes conseils de culture que le Sarracenia et la Dionée.

Niveau de difficulté : *

Plante Number Four : Le Pinguicula. C’est également une plante carnivore plutôt cosmopolite présente dans une grande partie du monde. En France, on en retrouve notamment dans les Alpes et les Pyrénées.

Son piège ressemble fortement au Drosera décrit au dessus. Elle sécrète une substance gluante qui lui permettra de piéger des petites bêtes. C’est l’une des seule plante carnivore qui fait des fleurs esthétiques très appréciées par les amateurs.

Conseils de culture :

Niveau de difficulté : *

Sans grande surprise, en appliquant les mêmes conseils que pour les plantes décrites au dessus, vos Pinguicula se porteront à merveille. Attention, beaucoup d’espèces de Pinguicula vivent en milieu calcaire, ces conseils s’appliquent donc aux espèces que vous pourrez acheter en jardinerie uniquement, et non à celles que vous trouverez à l’état sauvage (de toute façon, il est préférable de les laissez tranquilles n’est-ce pas?)

Plante Number Five : Le Nepenthes. Ces plantes vivent en milieu tropical. De Madagascar à Bornéo, elles aiment les zones chaudes et humides. Contrairement aux 4 autres plantes présentées, elles ne supportent pas le changement de saison. De plus, elles ont besoin d’une forte hydrométrie (humidité ambiante, au dessus de 80%). C’est pourquoi, vous remarquerez sur la photo qu’elle est cultivée « sous-cloche ».

Les feuilles présentent des excroissances à leur extrémité formant des urnes, aussi appelées ascidies. Comme pour le Sarracenia, des substances sont sécrétées notamment au niveau de la coiffe. Sur l’ouverture, des glandes sécrètent une cire qui possède la capacité de réduire l’adhérence des bêtes aux parois. C’est donc une piste de ski très glissante qui attend nos proies les conduisant tout droit à la noyade dans le suc digestif au fond de l’ascidie. Le Nepenthes étant parfois sujet à la coévolution avec des animaux, le principe de ce piège peut être bien plus complexe chez certaines espèces. (Nepenthes « végétarien », Nepenthes « cabinet », Nepenthes « Bat-Box »… ). Elle est la plante carnivore détenant le record de la plus grosse digestion. On a retrouvé chez certaines espèces des traces de digestion de petits mammifères et d’oiseaux. Balaise hein ?

Conseils de culture : Si vous voulez vous essayer à la culture de Nepenthes, nous recommandons une nouvelle fois des espèces de jardinerie particulièrement l’espèce hybride Nepenthes x ventrata (nommée à tord alata en jardinerie).

Niveau de difficulté : ****

Matériel :

- Salle de bain lumineuse et humide ou bocal fermé / terrarium humide

- Sphaigne vivante (en jardinerie)

- Tourbe blonde

Pour le substrat nous vous conseillons 100 % de Sphaigne vivante si possible, sinon uniquement 50 %, couplé à 50 % de tourbe blonde. Le substrat doit toujours être très humide sans jamais d’eau stagnante au contact des racines. Idéalement, elle se portera très bien dans un bocal en verre relativement grand et fermé.

Voilà, vous savez tout sur ces 5 plantes à élever chez vous. Pour terminer, voici les choses à ne surtout pas faire ! :D

1 – Ne pas utiliser d’eau du robinet ou en bouteille, toujours de l’eau de pluie ou eau dé-minérale.

2 - Ne jamais utiliser de terreau et d’engrais (elles ne mangent pas par les racines sinon elles ne seraient pas carnivores).

3 – Ne pas acheter de substrat spécial carnivores en jardinerie (il y a de l’engrais…) fabriquez le vous même avec nos conseils, et vérifiez bien qu’il n’y ait pas d’ajout supplémentaires dans la tourbe blonde que vous achèterez !

4 – Vos plantes doivent TOUJOURS rester en extérieur car elles sont tempérées, excepté pour le Nepenthes !

Allé, vous avez tout ce qu’il faut pour accueillir ces créatures chez vous, lancez-vous ! Et n’hésitez pas à nous partager vos photos ou demander des conseils sur nos réseaux sociaux:)