Comment transmettre sa passion pour l'astronomie en dehors de sa carrière artistique ? Christine Mourlevat nous partage son expérience !

Publié par Séverine Theme, le 6 décembre 2020   280

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A l’issue d’un double cursus à la fois artistique et scientifique, Christine Mourlevat a choisi de faire de la musique son métier. Mais son amour pour les sciences et plus particulièrement pour l’astrophysique n’a jamais quitté notre violoncelliste professionnelle ! En arrivant dans le Midi, elle cherche donc une structure qui lui permettrait de faire bénévolement de la médiation scientifique à un niveau professionnel…

L’observatoire astronomique de Narbonne ? L’association parfaite pour répondre à son ambition !

Après de nombreuses recherches infructueuses, elle découvre finalement l’association idéale : l’Association Narbonnaise d’Astronomie Populaire (ANAP), fondée et dirigée à l’époque par Jacques Cazenove. Elle est tout de suite intéressée par l’approche médiationnelle de ce professeur de physique. Il transmettait à ses élèves des connaissances scientifiques de haut niveau avec beaucoup de charisme et d’enthousiasme.

Le concept répond parfaitement aux attentes de Christine. Elle retrouve à la fois l’exigence et la rigueur scientifique d’un côté, et la passion, l’étonnement et l’émerveillement de l’autre ! Alors quand, Pierre Nouguier, le nouveau président de l’association, ouvre la perspective de médiation de l’ANAP au grand public, elle n’hésite pas une seconde et décide d’en devenir membre.

Les missions de l’association sont simples : faire connaître l’astronomie, de la pratique à la théorie, et participer ainsi au développement de la culture scientifique. Cela passe aussi par un engagement citoyen de lutte contre la désinformation. Pour répondre à ces objectifs, chacun s’organise comme il le souhaite. Il s’agit là d’une liberté précieuse aux yeux de notre bénévole. Elle raconte : « Ce qui est bien dans une association, c’est qu’il n’y a pas d’obligation de résultats, ni de réelle hiérarchie. C’est très important parce qu’on peut faire les choses comme on le souhaite, avec ce qu’on est. Nos différences sont nos richesses ! Ça nous permet d’être plus généreux ».

La science, un vecteur d’émotion ?

L’idée vous semble saugrenue ? Elle prend pourtant tout son sens une fois mise en lumière par notre bénévole.

Aujourd’hui secrétaire de l’association, Christine anime de nombreux exposés, conférences et observations au télescope ou à l’œil nu à destination du grand public. Ce qu’elle cherche à faire comprendre au travers de ses interventions, c’est qu’en plus d’apporter des connaissances sur le monde qui nous entoure, la science permet également d’éveiller nos sens et nos émotions !

Les observations nocturnes sont pour elle un moment privilégié pour atteindre cet objectif. La nuit, les repères et les sons sont différents. Elle met l'accent sur ces sensations nouvelles afin de mener son public à prendre conscience de l'environnement qui l'entoure. Elle échange également beaucoup avec les personnes sur leurs visions du ciel et leurs rêveries. "Ces pensées sont souvent empreintes d'émotions, particulièrement chez les enfants" nous explique-t-elle.

Le lien avec le public, une composante essentielle de sa médiation...

Conférence de Christine Mourlevat, Nuit des étoiles 2020, Amphoralis.
Conférence de Christine Mourlevat, Nuit des étoiles 2020, Amphoralis.



En tant que dépositaire d’un savoir, Christine estime qu’il faut rester rigoureux et exigeant dans son discours, tout en le faisant vivre, en étant passionné. Et c’est là que réside toute la difficulté de la vulgarisation scientifique : comment rendre tangible des phénomènes parfois très complexes et donner envie de les comprendre ?


Pour elle, la réponse est simple : en restant à l’écoute de son public ! C’est en étant attentif aux connaissances, aux attraits et aux réticences de son public, qu’elle peut adapter son discours pour allier acquisition de savoirs et plaisir !

Cela l'a particulièrement marquée lors d'une conférence qu'elle a donnée à Amphoralis, un site Gallo-Romain, lors de la Nuit des étoiles. Cet évènement avait attiré des personnes qui n'étaient pas forcément intéressés par les sciences. "Je trouve que ce contact avec ces personnes est très important ! Le fait qu’ils viennent à nous, par simple curiosité, nous permet de nous remettre en question par rapport au public." La variété des publics et leurs questionnements nouveaux lui ont permis d'améliorer ses compétences en vulgarisation scientifique.

Et si on est passionné ou qu’on a envie de découvrir l’astronomie ?

Christine vous conseille de voir les conférences de Hubert Reeves qui transmet ses connaissances de manière très poétique… Ou d’aller voir ce que fait leur association. Qui sait, vous y découvrirez peut-être une grande source d’émerveillement ?