A la recherche de l’or bleu

Publié par Université de Montpellier UM, le 17 octobre 2017   710

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Il nous offre une eau pure à la sortie du robinet. Il nous protège des crues. Bienvenue dans le karst, ce gruyère souterrain qui recèle de précieuses réserves en eau souterraine, tout particulièrement dans notre région.

Un véritable trésor se cache sous nos pieds. Des kilomètres de galeries et de cavités creusées dans le calcaire qui tissent un réseau complexe et méconnu recelant une ressource inestimable : de l’or bleu en abondance.

Jusqu’à quelle profondeur serpentent ces galeries ? Quelle quantité d’eau est stockée dans les cavités ? Des questions cruciales pour les hydrogéologues qui explorent le karst. « La géométrie de ces structures permet d’évaluer le volume d’eau disponible, et leur morphologie peut apporter des informations relatives à la dynamique des écoulements au sein des réseaux karstiques », explique Hervé Jourde, chercheur au laboratoire Hydrosciences Montpellier. « Des informations précieuses : on parle  des ressources en eau dont dépendent les populations locales », explique le spécialiste.

Dans les profondeurs de la Terre

En France, plus de 65% de la ressource en eau souterraine prélevée pour l’alimentation en eau potable des populations provient du karst. C’est le cas à Montpellier où l’eau qui alimente la métropole est pompée directement dans les conduits karstiques, à la source du Lez. « C’est une eau de très grande qualité aux portes de la ville, qui couvre 80 % des besoins de la population locale », explique Hervé Jourde. La ressource sera-t-elle suffisante pour abreuver des habitants chaque année plus nombreux ? Peut-elle faire face aux pics d’affluence estivale propres à la région ? « Pour le savoir il faut explorer ce réseau à grande profondeur afin d’estimer les volumes disponibles», répond le chercheur.

De véritables expéditions dans les entrailles de la Terre, menées par des plongeurs spéléologues qui s’immergent dans le noir absolu afin d’établir une cartographie du karst. « Au-delà de 200 mètres, les plongeurs ne peuvent plus continuer, on peut alors utiliser des robots conçus pour ces explorations », précise l’hydrogéologue qui collabore avec les chercheurs du laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (Lirmm) et l’association de plongeur PlongéeSout, au travers du projet Aleyin.

Limiter la gravité des crues

Des explorations d’autant plus importantes que le karst joue également un rôle majeur en cas d’inondations. « Lorsque les niveaux d’eau dans le karst sont bas, les précipitations vont d’abord être stockées dans les fractures et conduits, ce qui limite le risque de crues en aval, explique Hervé Jourde qui qualifie le karst de « véritable atout pour limiter le risque hydrologique ». Mieux connaître le réseau karstique permettrait ainsi d’affiner les prévisions de crues en cas de fortes pluies. Et même de nous protéger de la montée des eaux. « On pourrait opter pour un positionnement stratégique des pompages afin de réguler le niveau des nappes et limiter la gravité des crues », détaille Hervé Jourde. 

(C) Franck Vasseur - PlongéeSout