À la découverte des jeux de "Ma thèse en jeu vidéo"

Publié par Echosciences Occitanie, le 13 avril 2018   2k

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Vendredi 6 avril, Genopolys a accueilli une centaine de personnes curieuses de découvrir et tester les jeux vidéo réalisés pendant la game jam, « Ma thèse en jeu vidéo ». 5 doctorants en biologie-santé et 26 étudiants de l’école ArtFX ont relevé le défi de créer des prototypes de jeux vidéo en 47h ! Découvrez l’ensemble des réalisations en détails, à vos manettes, prêts, partez !


The Forgotten

Team Les Oubliés:

Hugo Payan (Doctorant IGF) / Gaspard Eicher (Game Artist) / Thibaud Hernandez (Game Designer) / Loic Rodewald (Game designer) / Trystan Sarrade (Game Artist) / Sarah Testardo (Réalisation Numérique) / Steven Zamel (Game Designer)

 

Le jeu propose une plongée au cœur du cerveau dans une cellule neuronale atteinte de la maladie d’Alzheimer. Vous incarnez une protéine personnifiée coiffée d’une jolie chevelure torsadée, inspirée de l’allure des protéines rencontrées dans les publications scientifiques.

Le joueur parcoure l’intérieur du neurone, représenté par un labyrinthe circulaire, et doit recruter le plus vite possible d’autres protéines comme lui. Ensuite, l’objectif est de les amener à la surface du neurone à l’intérieur d’une structure aux allures de maison hantée : un récepteur. C’est une entité indispensable à la communication entre l’intérieur et l’extérieur d’une cellule, un peu comme un interphone au pied d’un immeuble. Le récepteur représenté dans le jeu a un rôle important dans la maladie d’Alzheimer. Son activation produit une molécule qui va protéger les neurones. 

Hugo tente notamment de mieux comprendre le fonctionnement de ce récepteur en étudiant entre autres l’assemblage de protéines comme celle incarnée par le joueur pour imaginer un traitement efficace. Le joueur doit amener le plus de protéines possibles aux récepteurs pour produire la molécule protectrice mais l’effet est seulement un ralentissement de la pathologie. D’ailleurs, la cellule s’obscurcit au fur et à mesure du jeu. La maladie d’Alzheimer finit quand même par gagner ! Peut-être qu’avec des travaux comme ceux d’Hugo le joueur pourra un jour battre cette maladie.

 

Claire’s Bizarre Alchemy

Team JoJo : Claire Dupont (Doctorante IGMM) / Thomas Chane-Hunet (Game Artist) / Clément Duranti (Game Designer) / Laura Guibert (Game Artist) / Claire Leguludec (Game Artist) /Alicia Magistrello (Game Artist)

Le jeu met en scène une fée-sorcière devant son chaudron sous les traits de Claire, la doctorante impliquée dans le projet.

A la manière d’un alchimiste, le joueur tente de fabriquer un humain. Petit clin d’œil à leurs encadrants, les humains représentent notamment le directeur de thèse de Claire ou le responsable pédagogique d’ArtFX. En fonction des ingrédients ajoutés, du miel, des sucettes des épices, du gluant… le joueur crée un neurone ou des cellules de peau et de muscle. Pour aider le joueur à mettre les bons ingrédients, un grimoire est à leur disposition.


Claire, dans le cadre de sa thèse, ne crée pas vraiment d’humain. Le chaudron représente une cellule dites pluripotente, c’est-à-dire une cellule capable de se différencier en n'importe quel type de cellule de notre organisme, sans restriction. Lorsque l’alchimiste ajoute des ingrédients, l’ADN qui se trouve au cœur du noyau de la cellule soit se condense, soit se détend soit se colle au noyau. Claire étudie de près ce mécanisme pour davantage le comprendre. Pour l’observer, elle utilise des molécules fluorescentes vertes et rouges, les couleurs d’ambiance du jeu.

Les différents ingrédients sont des protéines qui vont agir sur la structure de l’ADN. Le joueur peut voir en détails à quoi correspondent les ingrédients dans le grimoire. Le message principal du jeu est que nos cellules ont le même ADN, mais selon la manière dont il se structure (serré, ouvert ou collé), différents types de cellules se développent.

 

Virus fighters

Team FullMetalJammers : William Bakhache (Doctorant IRIM) / Lucas Dziura (Game Designer, couteau suisse) / Lorène Hue (Game Designer) / Arthur James (Game Artist) / Ambre Kaminski (Game Artist) / Steve Simon (Game Designer)

 Le joueur se met dans la peau du virus chikungunya transmis par le moustique tigre. Il a pour mission de se développer un maximum et d’engranger le plus de points possibles. Lorsque le virus entre dans une cellule humaine, il produit des protéines virales qui vont lui permettre de se multiplier et d’infecter d’autres cellules. William s’intéresse particulièrement à une protéine qui induit la formation de cavités aux abords de la cellule et permettent aux protéines de se livrer à une séance de cache-cache afin d’échapper au système de défense mis en place par l’organisme infecté.

Au cours du jeu, le joueur a le choix d’incarner 4 protéines aux pouvoirs différents : tuer les agents du système immunitaire représentés par de petits fantômes, récolter des boules vertes (la fameuse protéine étudiée par William), former une cavité et multiplier le virus. Les boules vertes permettent au joueur de gagner des points de vie. Lorsque les protéines virales éliminent un agent du système immunitaire, le joueur gagne des points mais il en gagne surtout lorsqu’il parvient à former des cavités et multiplier le virus. Le jeu permet ainsi de découvrir les mécanismes utilisés par le virus Chikungunya pour proliférer.

 

SUPR CAS

Team CAS-6 : Michalitsa Diakatou (Doctorante INM) / Jorys Abadie (Game Artist) / Elisa Amat (Game Designer) / Lionel Babiwan (Game Artist) / Alban Gamay (Réalisation Numérique) / Florent Jamet (Game Designer)

CRISPR-Cas9  est un outil génétique capable de modifier un gène cible directement dans l’organisme vivant. Il peut stimuler l’expression du gène, l’inhiber ou le remplacer par un autre. Michalista cherche un traitement basé sur cet extraordinaire outil pour combattre une maladie génétique qui touche les yeux et pour laquelle aucune thérapie n’existe à l’heure actuelle. Dans le jeu de l’équipe de Michalitsa, CRISPR-Cas9 est un cosmonaute avec une arme redoutable à son bras.


L’ADN est principalement constitué de 4 composés appelés bases : adénine (A), guanine (G), cytosine (C) et thymine (T) qui s’apparient deux à deux pour former la fameuse double hélice. Seules les combinaisons AT et CG sont possibles.

 Une séquence d’ADN avec des erreurs mentionnées en rouge apparait en bas de l’écran. Juste au dessus le joueur découvre les bases mises à disposition par la cellule pour réparer l’ADN. Le cosmonaute doit choisir la base complémentaire au dessus de sa tête en le visant avec son arme. S’il se trompe, l’ADN est supprimé et le jeu recommence à zéro. Lorsque la séquence est réparée, le joueur victorieux passe au niveau suivant. Le nombre d’erreurs augmente alors et les cellules de la rétine, représentées sur l’image de fond, se régénèrent au fur et à mesure que la séquence d’ADN se répare. Le joueur découvre ainsi les bases de la technique CRISPR-cas9 et le principe de complémentarité de l’ADN.

 

Shakena Maximum

Team Sex’ Hymena : Eliot Geraud (Doctorant IGH) / David Cavard (Doctorant LIRMM, programmeur) / Camille Carliez (Game Designer) / Sofie Chabrol (Game Artist) / Aymeric Estreich (Game Designer) / Victor Landier (Game Artist) / Antoine Fournier (Game Designer)


Elliot travaille sur un curieux organisme pouvant exprimer au choix 1 sexe sur 7, le Tetrahymena thermophila. Composé d’une seule cellule, cet organisme se reproduit en fusionnant avec un congénère d’un sexe différent. Elliot a pour but d’obtenir des organismes qui expriment deux sexes à la fois pour qu’ils puissent se reproduire avec eux-même. Plus généralement, ces études lui permettent de mieux comprendre la transmission des gènes et mutations chez un organisme unicellulaire lors de sa reproduction.

De petites pastilles de couleur représentent ces organismes. Chaque couleur correspond à un sexe. Les spécimens marqués par une pastille noire présentent une mutation, c’est-à-dire une modification de l’information génétique. Pour qu’ils se reproduisent, le joueur les étirent et les catapulte les unes sur les autres. Mais attention il doit veiller à ce qu’ils ne soient pas trop nombreux et n’envahissent pas tout l’écran. La stratégie : ne faire rencontrer que des cellules mutées. A la fin d’un temps donné,  le jeu comptabilise le pourcentage de cellules mutées en fonction du nombre de cellules total. Le record de la soirée : près de 69%. Petit bonus : une touche spéciale permet pour quelques secondes de catapulter des cellules de même sexe comme dans les rêves les plus fous d’Elliot.

 

BONUS

Vortex Lab

Team Arn Hackers (Grenoble) : Jordan Rous (Game Artist) / Guyhème Buffeteau (Game Artist)

Deux étudiants d’ArtFX ont participé à la Scientific Game Jam à Grenoble, l’événement qui a inspiré Genopolys. Le jeu, Vortex Lab, a pu être testé lors de la soirée spéciale le vendredi 6 avril. Il nous plonge dans l’univers d’un ex-laboratoire de pointe abandonné avec une expérience hors de contrôle. Le joueur, dans la peau d’un scientifique, doit se faufiler jusqu’à l’expérience et tout arrêter avec qu’il ne soit trop tard.