À la découverte d’un projet d'étude de la filière café avec trois étudiants de l’ENSAT

Publié par Echosciences Occitanie, le 24 mai 2018   660

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Le projet El Grano AgriSensTour a débuté en février 2018 pour une durée de 6 mois en Amérique latine. Pour en savoir plus, nous avons interviewé les trois étudiants toulousains (Rens Chazottes, Lisa Bos, Clara Chapuis) en agronomie, à l’École Nationale Supérieur agronomique de Toulouse (ENSAT). (Image bannière : ©El Grano)

L’objectif de ce projet d’étude de la filière café est de rechercher de nouvelles alternatives de production de café, mettre en valeur l’activité des producteurs qui adoptent des stratégies innovantes pour faire face à différentes problématiques, et enfin diffuser les informations récoltées pour sensibiliser le grand public une fois le retour des étudiants en France.

Comment est né ce projet ?

Il s’agit d’un projet que nous avons construit nous-mêmes lors d’une année de césure. Nous sommes tous les trois à l’École Nationale Supérieur agronomique de Toulouse (ENSAT). Nous avons choisi de travailler sur l’impact de la consommation dans les pays producteurs, et nous pensons que le café est un parfait exemple pour illustrer cette consommation.

Pour nous aider à financer notre projet, nous avons passé plusieurs concours comme celui organisé par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme. Ils nous ont permis de nous aider à construire le projet et à mieux le définir. Ensuite, une campagne de crowdfunding a été lancée pour compléter le financement.

Nous faisons cette étude dans le but de communiquer. Pour ce faire, nous avons comme objectif de réaliser un reportage pour le transmettre ensuite aux consommateurs à notre retour en France. Nous souhaitons les informer et les sensibiliser en montrant la réalité de la vie d’un producteur, mais aussi de promouvoir une diversité de production de café. Nous pensons que c’est à travers cette diversité que l’on pourra trouver les clés d’adaptation aux changements climatiques et à l’environnement.

Nous menons notre étude via un laboratoire sur le terrain. Nous nous insérons donc dans des projets locaux et en parallèle, nous avons aussi notre propre étude à mener. Les missions sur le terrain permettent de réellement apporter une plus-value et d’avoir aussi un meilleur contact avec les gens.


©El Grano

Est-ce que vous vous connaissiez avant d’entamer le projet ?

Oui, nous venons de la même promotion, de plus nous sommes amis ! Il était improbable que l’on fasse ce projet ensemble, car nous n’avons pas tous les mêmes plans. Cependant, nous partageons le même engagement, ce qui nous a incontestablement réunis pour monter le projet.

Quelle est la particularité de l’Amérique latine ? Pour quelle raison avez-vous choisi cette destination ?

L’Amérique latine est une zone productrice caractérisée par une certaine diversité. Il nous a également semblé important d’interagir avec les habitants. Nous parlons tous les trois la langue et c’est donc plus facile pour échanger !


©El Grano

Avez-vous trouvé des différences dans la façon de produire en fonction de la région ?

Nous avons travaillé au Guatemala et au Honduras, et en effet,  il existe parfois des différences d’une région ou d’un pays à l’autre. Au Guatemala, on retrouve des petits producteurs dépendants du prix du marché international, tandis que d’autres réalisent plusieurs projets pour s’adapter aux changements climatiques et essayer de trouver de nouvelles voies de commercialisation du café. Ils semblent donc plus autonomes.

Il était important pour nous d’aller dans plusieurs pays différents afin de voir la complexité et la globalité de la filière.


©El Grano

Pensez-vous que les gens sont assez sensibilisés aujourd’hui aux enjeux du développement durable et de consommation de façon générale ?

Nous sommes particulièrement intéressés par l’aspect « consommation » et par la réalité des producteurs. Aujourd’hui, nous ne sommes pas réellement sensibilisés. Il y a un manque d’informations évident, et notre rôle est de donner des clés de compréhension afin que les consommateurs aient plus d’outils en main, pour prendre des décisions. Par ailleurs, participer à la production d’un produit permet de se rendre compte de ce qui se passe et de ce qu’il y a derrière une tasse de café.

Quels sont les moyens que vous avez pour diffuser toutes ces informations aux consommateurs ?

La sensibilisation se fait via les réseaux sociaux et le site internet, en partageant tout simplement notre expérience. Un reportage sera également réalisé. Il sera diffusé à notre retour en France, au sein de notre établissement, et dans la région toulousaine. Nous allons également réaliser une exposition photographique qui aura pour but d’exposer les portraits des producteurs rencontrés.

De façon personnelle, pour quelle raison vous vous êtes lancés dans cette aventure ?

Pour la liberté d’entreprendre et pour la création de son propre projet. C’est une très bonne expérience à valoriser. Nous avions également la volonté de voyager et ce projet était le meilleur moyen pour découvrir d’autres pays et de nouvelles cultures. Par ailleurs, nous sommes très bien accueillis ici, nous apprécions particulièrement la connexion que l’on a avec les habitants !

Enfin, la remise en question sur des bases qui nous paraissaient acquises dans nos schémas de pensée est également importante pour nous.


©El Grano 

Parlez-nous du travail sur le terrain en Amérique latine ?

Tout d’abord, nous sommes vraiment très bien intégrés et les habitants sont très accueillants. En outre, les pays comme le Guatemala et le Honduras ont une grande histoire avec le café. Commencer à aborder les gens avec le café,  il n’y a pas mieux ! Tout le monde a une relation avec ce produit ici. Dans certaines régions, avoir une parcelle de café c’est comme avoir un potager en France !


©El Grano 

Quel meilleur souvenir gardez-vous de cette aventure ?

Nous avons énormément apprécié nos premiers jours de découverte qui nous ont motivés pour la suite ! Nous avons beaucoup aimé découvrir divers projets, discuter avec les habitants et faire des interviews.

Quels sont vos projets avenir ?

Certains de nous aimeraient continuer à travailler dans le secteur du café et aider les producteurs lorsque nous rentrerons en France. Nous avons envie de partager et de valoriser cette expérience. D'autres souhaiteraient s'engager dans de nouveaux projets aux thématiques diverses et variées. Tout compte fait, ce projet nous a donné l’envie d’agir.


©El Grano

Pour suivre cette belle aventure, rendez-vous sur la page Facebook du projet ! Si vous avez besoin d’informations supplémentaires, visitez le site d’El Grano AgrisenseTour.